Le gouvernement espagnol a décidé de reporter la réunion de haut niveau avec l’Algérie, qui devait se tenir à Madrid au mois d’octobre, selon le média espagnol The Objective. Aucune nouvelle date n’aurait, pour l’heure, été fixée pour cette rencontre, faisant planer de nouvelles incertitudes sur l’évolution des relations entre Madrid et Alger.

Le sommet devait constituer une étape importante dans le processus de rapprochement engagé entre les deux pays après plusieurs années de tensions diplomatiques.

Une réunion prévue les 20 et 21 octobre

La huitième session de la Réunion de haut niveau (RAN) entre l’Espagne et l’Algérie devait se tenir les 20 et 21 octobre en Espagne.

La rencontre devait réunir plusieurs responsables gouvernementaux des deux pays et être accompagnée d’un forum économique destiné aux entreprises espagnoles et algériennes.

Cette réunion revêtait une importance particulière puisqu’elle devait confirmer la reprise du dialogue politique bilatéral après une longue période de refroidissement.

Selon The Objective, les autorités espagnoles auraient informé leurs homologues algériens de la décision de reporter la rencontre. Le gouvernement espagnol n’aurait toutefois pas annoncé publiquement une nouvelle date pour le sommet.

Madrid et Alger avaient pourtant relancé leur rapprochement

Ce report intervient alors que Madrid et Alger avaient multiplié les signaux en faveur d’un réchauffement de leurs relations au cours des derniers mois.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s’était rendu en Algérie le 20 juillet 2026. À cette occasion, les deux pays avaient convenu de relancer leur coopération politique et de préparer la tenue d’une nouvelle réunion de haut niveau.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, avait également rencontré son homologue algérien Ahmed Attaf à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le 25 septembre dernier.

Les deux responsables avaient notamment évoqué la préparation de la réunion prévue en octobre.

Selon le gouvernement espagnol, Madrid souhaite renforcer la coopération avec Alger dans plusieurs secteurs, notamment l’énergie, la sécurité, l’immigration, la lutte contre le terrorisme, l’économie et les infrastructures.

L’énergie au cœur des relations entre Madrid et Alger

La question énergétique occupe une place centrale dans les relations entre l’Espagne et l’Algérie.

L’Algérie demeure un fournisseur important de gaz naturel pour le marché espagnol, notamment grâce au gazoduc Medgaz, qui relie directement les deux pays.

Lors de sa visite en Algérie en juillet, Pedro Sánchez avait également évoqué le développement des échanges énergétiques et la possibilité d’élargir la coopération économique à d’autres secteurs.

Madrid souhaite notamment renforcer les investissements et les échanges commerciaux avec Alger dans des domaines comme l’industrie, les infrastructures, l’agroalimentaire, les services et les nouvelles technologies.

Le dossier Ayoub Aïssou au centre des tensions

Le report du sommet intervient également dans un contexte marqué par l’affaire Ayoub Aïssou, un homme d’affaires et opposant algérien détenu en Espagne dans le cadre d’une demande d’extradition formulée par les autorités algériennes.

Le 4 septembre dernier, l’Audience nationale espagnole avait décidé de le remettre en liberté sous contrôle judiciaire, tout en lui imposant plusieurs mesures, notamment le retrait de son passeport, l’interdiction de quitter le territoire espagnol et l’obligation de se présenter régulièrement devant les autorités judiciaires.

Cette décision aurait suscité le mécontentement des autorités algériennes.

Le dossier judiciaire n’est toutefois pas clos. La justice espagnole doit encore se prononcer définitivement sur la demande d’extradition présentée par Alger.

La question de Ceuta et Melilla

Un autre élément intervient dans un contexte diplomatique régional particulièrement sensible : la visite du roi Felipe VI et de la reine Letizia à Ceuta et Melilla, prévue les 13 et 14 octobre.

Selon The Objective, certaines sources diplomatiques estiment que le calendrier de cette visite pourrait également avoir contribué aux difficultés entourant la tenue du sommet avec l’Algérie.

La question est particulièrement sensible en raison de la position du Maroc concernant Ceuta et Melilla et de l’importance stratégique des relations entre Madrid et Rabat.

L’Espagne se trouve ainsi au centre d’un équilibre diplomatique délicat entre ses relations avec l’Algérie et son partenariat stratégique avec le Maroc.

Il convient toutefois de préciser que cette interprétation concernant les motivations du report repose sur des informations attribuées par The Objective à des sources diplomatiques. Madrid n’a pas, à ce stade, communiqué publiquement l’ensemble des raisons expliquant sa décision.

Un nouveau point d’interrogation pour les relations hispano-algériennes

Le report de la réunion des 20 et 21 octobre constitue un nouveau développement important dans les relations entre l’Espagne et l’Algérie.

Après plusieurs mois marqués par une volonté affichée de rétablir le dialogue politique et de renforcer la coopération économique, cette décision introduit une nouvelle incertitude sur le calendrier du rapprochement entre les deux pays.

Le sommet devait notamment permettre aux responsables espagnols et algériens de discuter de plusieurs dossiers stratégiques, allant de l’énergie à la sécurité, en passant par l’immigration et les échanges commerciaux.

L’absence, pour l’instant, d’une nouvelle date officielle laisse donc ouverte la question de la prochaine étape des relations entre Madrid et Alger.

 

Source principale : The Objective, article publié le 2 octobre 2026 sur le report du sommet Espagne-Algérie.