La Maison de la poésie au Maroc a exprimé son rejet de la décision du gouvernement marocain visant à rehausser le niveau de représentation diplomatique entre le Maroc et Israël, en passant des bureaux de liaison à l’échange d’ambassadeurs. L’institution culturelle a fait part de sa vive inquiétude face à cette décision et réaffirmé son opposition à la normalisation ainsi que son attachement à la cause palestinienne.
La Maison de la poésie au Maroc exprime son inquiétude
La Maison de la poésie au Maroc a indiqué avoir accueilli avec « une vive inquiétude » la récente décision du gouvernement marocain concernant le relèvement du niveau de représentation diplomatique entre le Maroc et Israël, qui prévoit la nomination d’ambassadeurs dans les deux pays.
Dans un communiqué, l’institution culturelle a exprimé son rejet de cette décision et des mesures qui l’accompagnent, estimant que cette évolution intervient dans un contexte marqué par la poursuite de la guerre dans la bande de Gaza.
La Maison de la poésie appelle également à mettre fin aux différentes formes de normalisation et à exercer des pressions afin de parvenir à l’arrêt de la guerre et de la politique de colonisation qu’elle dénonce.
Cette prise de position s’inscrit dans le débat qui se poursuit au Maroc autour de la nature des relations maroco-israéliennes et de leur évolution, alors que la guerre à Gaza se poursuit et que les positions concernant l’avenir de ces relations diplomatiques restent diverses.
Du bureau de liaison à l’échange d’ambassades
Pour la Maison de la poésie au Maroc, le passage du niveau des bureaux de liaison à celui de l’échange d’ambassades constitue une évolution importante dans la nature des relations diplomatiques entre les deux pays.
L’institution souligne que la gestion des questions liées à la politique de l’État obéit à différentes considérations, spécificités, contraintes et exigences. Elle estime toutefois que ces considérations n’empêchent pas les acteurs culturels et intellectuels d’exprimer leurs positions sur les questions qu’ils considèrent comme liées à la conscience collective.
La Maison de la poésie affirme avoir été surprise par cette décision, qu’elle considère comme source d’interrogations, d’inquiétude et de rejet, notamment au regard de la situation actuelle de la cause palestinienne.
La cause palestinienne au cœur de la position de la Maison de la poésie
La Maison de la poésie au Maroc affirme que sa position sur la normalisation avec Israël s’inscrit dans la continuité de ses positions concernant la cause palestinienne.
L’institution considère la Palestine comme une cause nationale et humaine profondément présente dans la conscience populaire marocaine. Elle rappelle également que les intellectuels et les poètes marocains ont, au fil des décennies, exprimé leur attachement à la cause palestinienne à travers la littérature, la poésie et différentes initiatives culturelles.
Dans ce contexte, la Maison de la poésie rappelle plusieurs étapes qui témoignent de l’importance accordée à la poésie palestinienne depuis sa création en 1996.
Mahmoud Darwich et le Prix international de poésie Argana
La Maison de la poésie au Maroc évoque notamment le poète palestinien Mahmoud Darwich, l’une des grandes figures palestiniennes associées à l’institution depuis ses premières années.
Mahmoud Darwich avait été membre du comité consultatif de la Maison de la poésie au Maroc et avait participé à plusieurs éditions du Festival mondial de poésie organisé par l’institution.
Le poète palestinien avait également reçu le Prix international de poésie Argana en 2008, une distinction décernée par la Maison de la poésie au Maroc.
L’évocation de ces différentes étapes témoigne, selon l’institution, du fait que son engagement en faveur de la cause palestinienne ne s’est pas limité aux prises de position politiques ou aux communiqués, mais s’est également inscrit dans le domaine de la poésie et de la culture.
Le Prix Argana 2026 consacré à la poésie palestinienne
La présence de la Palestine dans les activités culturelles de la Maison de la poésie au Maroc s’est également illustrée lors de la dernière édition du Prix international de poésie Argana 2026.
Le prix a distingué la poésie palestinienne à travers quatre expériences poétiques représentées par Ghassan Zaqtan, Youssef Abdel Aziz, Taher Riyad et Zouhair Abou Chaïb.
Cette édition a constitué une étape particulière dans l’histoire du prix, en mettant à l’honneur plusieurs voix poétiques palestiniennes.
À travers cette distinction, la Maison de la poésie a ainsi réaffirmé la place accordée à la poésie palestinienne dans son activité culturelle et littéraire.
La revue « Al Bayt » et la Palestine
La Maison de la poésie rappelle également que sa revue « Al Bayt », publiée par l’institution, a consacré plusieurs éditoriaux et dossiers à la cause palestinienne, considérée comme un espace de réflexion autour de la liberté, de la pensée et de la création.
Ces différentes initiatives témoignent de la place occupée par la question palestinienne dans le paysage culturel marocain, notamment à travers la poésie et la littérature.
Un appel à la sagesse et à la responsabilité
Dans son communiqué, la Maison de la poésie au Maroc souligne que la gestion de cette période ne devrait pas se limiter aux réactions et aux manifestations populaires, mais nécessite, selon elle, « la sagesse, la clairvoyance, le courage et une éthique de responsabilité politique, diplomatique et historique ».
L’institution évoque également les responsabilités constitutionnelles, religieuses et symboliques du roi Mohammed VI, notamment en sa qualité de président du Comité Al-Qods, estimant que cette dimension doit permettre de prendre en considération les sentiments des Marocains à l’égard de la cause palestinienne.
La Maison de la poésie cite, dans ce contexte, le célèbre poète argentin Jorge Luis Borges, qui avait évoqué la relation entre le destin du roi et celui du poète, soulignant le poids de la responsabilité historique assumée par les décideurs et les acteurs de la culture, chacun depuis sa position.
Une position culturelle réaffirmée
La Maison de la poésie au Maroc affirme que son opposition à la normalisation avec Israël s’inscrit dans le cadre de la charte et de la vision de l’institution concernant la cause palestinienne.
Depuis sa création en 1996, l’institution a multiplié les initiatives consacrées à la poésie et à la culture palestiniennes, notamment à travers la participation de Mahmoud Darwich à ses activités, l’attribution du Prix Argana en 2008 et, plus récemment, la distinction accordée à quatre poètes palestiniens lors de l’édition 2026.
Alors que le Maroc poursuit ses relations diplomatiques avec Israël, la décision de rehausser le niveau de représentation diplomatique et de passer à l’échange d’ambassadeurs suscite différentes réactions dans la société marocaine.
La position exprimée par la Maison de la poésie vient ainsi inscrire la question palestinienne au cœur du débat culturel marocain, non seulement comme une question politique, mais également comme une cause présente dans la poésie, la littérature, la mémoire et la conscience culturelle du pays.



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