Ahmed Néjib Chebbi, président du Front de salut national, a entamé jeudi 1er octobre une grève de la faim en prison. Selon sa famille et le parti Al Joumhouri, l’opposant proteste contre les restrictions imposées à son accès aux chaînes d’information, aux journaux et aux livres. Ses soutiens demandent leur levée et s’inquiètent pour sa santé.

Le conflit autour des conditions de détention d’Ahmed Néjib Chebbi prend une nouvelle dimension. Le responsable politique tunisien a commencé une grève de la faim à minuit, dans la nuit du mercredi 30 septembre au jeudi 1er octobre, selon un communiqué d’Al Joumhouri.

Au centre de sa protestation figure l’accès à l’information.

Sa famille et ses soutiens dénoncent des limitations concernant les programmes télévisés qu’il peut regarder, les journaux qu’il peut lire et les ouvrages mis à sa disposition.

Al Joumhouri a exprimé son soutien à l’opposant et réclamé la levée immédiate de ces restrictions. Le parti estime que l’incarcération ne doit pas conduire à couper les détenus de l’actualité ni à leur retirer l’accès à la connaissance.

Une protestation contre l’isolement

Dans un communiqué publié sur sa page, Ahmed Néjib Chebbi dénonce un accès aux médias limité aux organes favorables au pouvoir. Il accuse les autorités de renforcer le contrôle de l’information jusque dans les établissements pénitentiaires.

Cette revendication donne à son mouvement une portée qui dépasse sa situation personnelle. L’opposant place la possibilité de lire, de s’informer et de conserver un lien avec le monde extérieur au cœur de sa protestation.

Sa famille décrit les restrictions dénoncées comme une politique d’isolement. Al Joumhouri demande, pour sa part, que les droits d’Ahmed Néjib Chebbi et de l’ensemble des détenus soient respectés, sans que l’accès aux livres et à l’actualité dépende de décisions administratives arbitraires.

Ses soutiens alertent sur sa santé

L’âge du responsable politique, âgé de plus de 80 ans, renforce l’inquiétude de ses proches. Al Joumhouri a alerté sur les conséquences possibles de la grève et appelé les autorités à assumer leur responsabilité concernant sa sécurité.

Des inquiétudes avaient déjà été exprimées au sujet de sa santé en détention. Le début de cette grève ajoute donc un nouveau motif de préoccupation pour sa famille et ses soutiens.

Ahmed Néjib Chebbi purge une peine de douze ans de prison dans l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État ». Figure ancienne de l’opposition tunisienne, il préside le Front de salut national.

Les conditions de détention au premier plan

Son initiative intervient alors que d’autres responsables politiques et militants détenus ont également eu recours à la grève de la faim pour protester contre leur situation. Les revendications diffèrent selon les dossiers, mais ces mouvements ramènent les conditions carcérales au centre du débat public.

Dans le cas de Chebbi, la demande annoncée porte précisément sur les moyens de rester informé depuis sa cellule. Ses soutiens attendent désormais une réponse des autorités sur l’accès aux journaux, aux ouvrages et aux chaînes d’information.

Cette grève engage une confrontation dont l’issue dépendra de la réponse apportée à ces revendications. Pour sa famille et Al Joumhouri, l’urgence est d’obtenir la levée des restrictions dénoncées tout en préservant la santé du détenu.

La rédaction.