L’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne ont signé, jeudi 1er octobre à Alger, une déclaration ministérielle destinée à faire avancer le corridor SoutH2. Ce projet doit relier les deux rives de la Méditerranée pour alimenter le marché européen en hydrogène vert. Après les engagements politiques, les partenaires devront désormais préciser les conditions de sa réalisation industrielle.
Une nouvelle étape a été franchie dans la construction du partenariat énergétique entre l’Algérie et l’Europe. Réunis au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal, les représentants des cinq pays engagés dans le SoutH2 Corridor ont adopté une déclaration prévoyant la création d’un secrétariat technique, avec l’accompagnement de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel.
Cette structure doit faciliter la coordination d’un projet qui mobilise bien davantage que les seuls gouvernements. Producteurs, gestionnaires de réseaux, autorités de régulation, institutions financières et futurs acheteurs devront avancer ensemble pour transformer une ambition diplomatique en une chaîne de production et de transport opérationnelle.
Un nouvel axe énergétique méditerranéen
Le corridor envisagé relierait l’Algérie à l’Allemagne, en passant par la Tunisie, l’Italie et l’Autriche. Ses promoteurs évoquent une capacité de quatre millions de tonnes d’hydrogène par an, destinée à contribuer à l’approvisionnement européen.
Pour Alger, cette perspective ouvre un nouveau champ de coopération avec ses partenaires énergétiques. Elle offre aussi la possibilité de développer des activités industrielles autour de la production d’hydrogène, des équipements et de la maintenance.
La réunion du 1er octobre prolonge les engagements pris à Rome en janvier 2025. Elle s’inscrit également dans une démarche engagée dès octobre 2024, lorsque Sonatrach et Sonelgaz ont signé avec plusieurs entreprises européennes un mémorandum portant sur les études de faisabilité d’une chaîne intégrée de production en Algérie et d’exportation vers l’Europe.
Le passage décisif des études aux contrats
La signature d’Alger renforce la gouvernance du projet. Elle ne règle cependant pas son équation économique. Les partenaires doivent encore déterminer comment financer les installations, adapter les infrastructures de transport et garantir des débouchés commerciaux durables.
Le ministre algérien de l’Énergie, Mourad Adjal, a annoncé que les premiers résultats de l’étude de faisabilité ALTEH2A seraient publiés en 2027. Cette échéance permettra de mieux apprécier les conditions de production et la viabilité du dispositif envisagé.
L’engagement des acheteurs sera déterminant. Les investissements devront pouvoir s’appuyer sur des perspectives suffisamment solides concernant les volumes demandés et les prix. La coordination politique, indispensable à un projet traversant plusieurs frontières, doit ainsi trouver son prolongement dans des accords industriels et commerciaux.
Des retombées locales à construire
Pour l’Algérie et la Tunisie, l’enjeu dépasse le rôle de fournisseurs ou de territoires de transit. L’intérêt du corridor dépendra également des activités développées sur place : fabrication d’équipements, formation, entretien des installations et utilisation de l’hydrogène par les industries locales.
L’approvisionnement en eau et les besoins en électricité renouvelable feront aussi partie des paramètres à intégrer dans les études et les investissements.
Avec la Déclaration d’Alger, les cinq partenaires disposent d’un cadre de coopération renforcé. La prochaine étape sera plus exigeante : donner à ce cadre un contenu industriel, financier et commercial capable de produire des retombées durables sur les deux rives de la Méditerranée.
Par: La rédaction



Comments
0No comments yet.