Simple coïncidence ou signal délibéré ? Au moment précis où Léon XIV foule pour la première fois le sol algérien, la ville de Blida est secouée, ce lundi matin, par une série de quatre explosions aussi spectaculaires qu’inexplicables.

Par Hichem ABOUD – 13 avril 2026

Alors que les autorités algériennes entendaient faire de cette visite pontificale un moment d’ouverture et de prestige international, la réalité du terrain est venue brutalement fissurer ce récit. À une cinquantaine de kilomètres au sud d’Alger, Blida -ville-garnison hautement stratégique- a été le théâtre d’une succession d’explosions quasi simultanées.

Selon des témoignages concordants et des images circulant sur les réseaux sociaux, les déflagrations se sont produites pas loin de sites sensibles : le tribunal militaire, le CTRI (Centre technique de recherches et d’investigations) de la Sécurité intérieure, ainsi que le commissariat central. Quatre kamikazes auraient actionné leurs charges avant même d’atteindre leurs cibles, comme si l’objectif n’était pas tant de frapper que de signifier.

Un détail intrigue : aucune intervention des services de sécurité n’a précédé ces explosions. Aucun assaut, aucune neutralisation en amont. Comme si tout s’était déroulé selon un scénario déjà écrit, où les exécutants n’étaient que les figurants d’une mise en scène plus vaste.

Dès lors, les interrogations se multiplient. S’agit-il d’une résurgence islamiste ? L’hypothèse peine à convaincre. Les groupes armés des années 1990, tels que les GIA ou l’AIS, ont disparu du paysage opérationnel depuis longtemps, et rien n’indique aujourd’hui l’émergence d’une structure capable de coordonner simultanément quatre actions de cette nature sans revendication ni relais idéologique identifiable.

Reste alors une autre piste, plus dérangeante, mais que de nombreux observateurs refusent d’écarter : celle d’opérations manipulées de l’intérieur. L’histoire récente de l’Algérie est marquée par des révélations troublantes sur certaines pratiques clandestines des services de sécurité durant la décennie noire. Des témoignages d’anciens officiers évoquent des opérations montées pour être attribuées à des groupes terroristes, dans une logique de contrôle par la peur.

À cela s’ajoute un contexte interne particulièrement tendu. Arrestations en série dans les cercles militaires, rivalités entre clans, luttes d’influence au sommet de l’appareil sécuritaire : autant de facteurs susceptibles de nourrir des opérations de déstabilisation calculées. L’arrestation récente de hauts responsables militaires, dont le général Abdelkader Haddad alias Nacer El-Djen, patron de la DGSI de 2024 à 2025 et du général Djeribi Mahrez, patron de la DCSA (la sécurité de l’armée) de mars 2023 à décembre 2025, ne fait qu’alimenter ce climat de suspicion.

Sur le plan extérieur, le pouvoir algérien traverse également une période de crispation. Isolement diplomatique croissant, tensions avec plusieurs partenaires, critiques internationales récurrentes : dans ce contexte, la tentation de réactiver la rhétorique sécuritaire n’est pas à exclure. Le spectre du terrorisme demeure, depuis des décennies, un levier efficace pour resserrer les rangs et détourner l’attention des crises internes.

Certains ont tenté d’évoquer une thèse accidentelle, parlant d’explosions fortuites liées à des manipulations hasardeuses. Une explication difficilement soutenable face à la simultanéité des détonations et à la nature des sites visés.

Au final, une certitude s’impose : ces explosions ne sont pas un simple fait divers. Elles s’inscrivent dans une séquence politique, dans un moment hautement symbolique où l’Algérie voulait offrir au monde le visage d’un pays apaisé et maîtrisé.

Le contraste est saisissant. D’un côté, l’image d’un chef spirituel accueilli avec les honneurs. De l’autre, des explosions aux portes de la capitale, comme un rappel brutal que sous la surface, les lignes de fracture restent intactes.

Et si, au lieu d’un message adressé à des cibles précises, ces explosions étaient avant tout un message adressé au monde ?