La justice française a franchi une nouvelle étape dans l’enquête sur la tentative d’assassinat visant journaliste Hichem Aboud. Quatre jeunes hommes âgés de 19 à 22 ans ont été placés en détention provisoire pour leur implication présumée dans un projet de liquidation qui visait Hichem Aboud à Roubaix, dans le nord de la France, en février 2025.

Selon les éléments de l’enquête, trois suspects ont été mis en examen pour tentative de meurtre en bande organisée en lien avec une entreprise terroriste, tandis qu’un quatrième est poursuivi pour complicité et participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle.

L’affaire a pris une tournure particulièrement sensible après la découverte d’un véritable “contrat placé sur la tête” de Hichem Aboud. Cette information a émergé lors d’investigations distinctes liées au braquage d’un musée près de Lyon à la fin de l’année 2024.

Les enquêteurs français ont ensuite retracé les échanges entre les suspects via la messagerie cryptée Signal, avant d’identifier une équipe d’exécutants présumés. Parmi eux figurait l’individu chargé d’ouvrir le feu contre l’opposant algérien en échange de 10 000 euros.

D’après les informations recueillies, le groupe s’était effectivement rendu à Roubaix en février 2025 avec des instructions précises pour éliminer la cible ainsi que son adresse exacte. Le projet criminel aurait cependant échoué parce que Hichem Aboud ne se trouvait pas sur place au moment prévu pour l’exécution.

Samedi, le tribunal de Paris a tenu des audiences à huis clos concernant le placement en détention provisoire des suspects. Le parquet a insisté sur la nécessité de poursuivre “de nombreuses investigations”, tout en dénonçant des “mensonges” et des tentatives d’entrave à l’enquête.

Lors de l’ouverture de l’une des audiences avant le huis clos total, l’un des suspects est apparu calme dans le box des accusés, vêtu d’un pull sombre. Ses avocats ont refusé tout commentaire devant la presse.

Les sources judiciaires ont également confirmé qu’une cinquième personne avait été placée en garde à vue dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure française avant d’être relâchée sans poursuites à ce stade de la procédure.

Cette affaire relance les interrogations sur les menaces visant les opposants algériens installés à l’étranger, dans un contexte marqué par des accusations récurrentes contre le système algérien concernant des tentatives d’intimidation et de neutralisation des voix dissidentes hors du territoire national.