Bruno Retailleau, ancien ministre français de l’Intérieur et candidat à l’élection présidentielle, a estimé que le régime algérien avait un « besoin vital » de faire de la France un bouc émissaire afin de détourner l’attention de ses difficultés internes. Selon lui, cette attitude s’explique par l’isolement international croissant du régime, les difficultés économiques du pays et le mécontentement d’une partie de la jeunesse algérienne.

Invité de l’émission « La France en face », diffusée par Europe 1 et CNews, Retailleau a affirmé que les autorités algériennes avaient besoin d’entretenir un récit politique désignant un adversaire extérieur pour justifier leurs échecs internes.

L’ancien ministre a également estimé que chaque concession accordée par Paris était perçue par Alger comme un signe de faiblesse encourageant de nouvelles exigences, appelant à refonder la relation franco-algérienne sur la base du respect mutuel et de la défense des intérêts français.

Ces déclarations s’inscrivent dans la continuité des positions fermes qu’il avait adoptées lorsqu’il dirigeait le ministère de l’Intérieur, notamment sur les questions migratoires et la coopération entre les deux pays.

Par ailleurs, la visite à Paris du ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Sayoud, première visite d’un haut responsable algérien depuis le début de la crise diplomatique de 2024, est interprétée comme un signe de rapprochement progressif entre les deux pays.

Selon plusieurs médias français et algériens, les discussions entre Laurent Nuñez et son homologue algérien portent principalement sur l’immigration, la sécurité, la coopération judiciaire ainsi que sur le dossier du journaliste français Christophe Gleizes détenu en Algérie, tandis que la question du Sahara est restée absente des échanges officiels.

Cette évolution semble confirmer la volonté des autorités algériennes de dissocier le différend lié au Sahara des autres dossiers bilatéraux nécessitant une coopération étroite entre Paris et Alger.