La souveraineté d’une nation ne se proclame pas seulement dans les discours. Elle se construit chaque jour par la capacité d’un peuple à décider librement de son avenir, à maîtriser sa sécurité et à définir ses priorités sans dépendance excessive à des puissances étrangères.
Le Niger traverse une période décisive de son histoire. Face aux défis sécuritaires, économiques et institutionnels mais une question fondamentale mérite d’être posée : jusqu’à quand un État peut-il déléguer une partie de sa sécurité à des acteurs extérieurs notamment les mercenaires et les soldats algériens ?
L’indépendance nationale implique la responsabilité. Une nation véritablement souveraine doit investir dans ses propres forces de défense, renforcer ses institutions républicaines et développer les compétences de ses citoyens. L’avenir du Niger ne peut être garanti ni par Moscou, ni par Alger, ni par aucune autre capitale étrangère. Il doit être assuré par les Nigériens eux-mêmes.
L’histoire montre que les partenariats militaires prolongés créent des formes de dépendance politique, économique et stratégique. Même lorsqu’ils sont justifiés par des impératifs sécuritaires, ils peuvent progressivement réduire la capacité d’un État à élaborer une vision autonome de son développement et de sa défense.
Les Nigériens exigent aujourd’hui le départ pur et simple de toutes les forces militaires étrangères présentes sur leur territoire, notamment les forces algériennes et les mercenaires russes. Le Niger ne pourra pleinement maîtriser son avenir sécuritaire, politique et économique qu’en s’appuyant sur ses propres institutions et sur les capacités de son propre peuple. Chaque nation a le droit fondamental de décider librement de son destin, sans tutelle ni présence militaire étrangère permanente.

Les putschistes avaient promis aux Nigériens la fin de toute tutelle étrangère et présenté leur action comme un acte de reconquête de la souveraineté nationale. Cependant, le remplacement d’une influence étrangère par une autre soulève une question de cohérence politique et morale. Si la présence de forces étrangères était hier jugée inacceptable au nom de l’indépendance nationale, elle ne peut devenir acceptable aujourd’hui selon l’origine de ces forces. Les mêmes exigences de souveraineté, de dignité nationale et d’autodétermination doivent être appliquées à tous, sans exception ni traitement de faveur. Le peuple nigérien est fondé à demander une cohérence entre les promesses faites et les actes posés.

Aujourd’hui, les Nigériens exigent non seulement le départ de toutes les forces militaires étrangères présentes sur leur territoire, mais également la fin de la transition imposée par les putschistes et l’ouverture d’un processus politique conduisant à des élections libres, démocratiques, transparentes et inclusives. Pour eux, la restauration de la dignité nationale passe par le retour de la souveraineté populaire, seule source légitime du pouvoir dans une République. Le Niger ne retrouvera pleinement sa place que lorsque son avenir sera déterminé par la volonté librement exprimée de son peuple à travers les urnes, dans le respect de l’État de droit, des libertés fondamentales et des institutions démocratiques. L’heure est venue de rendre la parole aux citoyens afin qu’ils puissent choisir eux-mêmes la direction qu’ils souhaitent donner à leur pays et reconstruire une nation forte, souveraine et respectée.

Siradji ISSA
Opposant résolu à toute prise de pouvoir par les armes.