Chers confrères journalistes, chères consœurs journalistes,

Le 22 octobre, vous célébrerez la Journée nationale de la presse. Vous vous réunirez autour de tables garnies, où vous dégusterez les mets et les boissons les plus raffinés. Des certificats honorifiques, des prix et des récompenses vous seront remis, tandis que des discours éloquents et flatteurs feront votre éloge.

Et cela, alors même que certains de vos confrères, parmi lesquels figurent vos amis journalistes, croupissent derrière les barreaux, dans les profondeurs de cellules insalubres. Ils survivent grâce à des repas encore plus répugnants et dorment sur des matelas usés, délabrés et nauséabonds.

La presse écrite, la radio et la télévision seront présentes. Les journalistes, les directeurs de journaux et de chaînes de télévision, ainsi que les rédacteurs en chef, seront au rendez-vous. Mais une chose sera assurément absente ce jour-là : la liberté d’expression.

Gloire à tous ceux qui ont dit « non » face à ceux qui ont dit « oui » ! Gloire à toutes les voix qui ont fait de la liberté et de la dignité leur credo ! Honneur à toutes les plumes qui ont refusé de s’incliner et de se soumettre !

En revanche, aucune compassion pour les têtes baissées, les consciences en faillite, les voix souillées et les plumes vendues.

« Celui qui renonce à sa liberté renonce peut-être à son humanité et à sa dignité d’homme. » — Jean-Jacques Rousseau.

Hassan Bouras, depuis la cellule n° 2, aile de haute sécurité,

Prison d’El Bayadh, Sidi Cheikh.