Les autorités espagnoles ont engagé le transfert vers la péninsule d’un premier groupe de ressortissants algériens présents à Ceuta. Après leur placement dans un centre de rétention, ils devraient être reconduits en Algérie par voie maritime. Cette opération marque le début des expulsions de migrants non marocains depuis la grave crise migratoire survenue à la fin de juillet 2026.
Les premières procédures d’expulsion de migrants algériens se trouvant à Ceuta ont débuté mercredi 16 septembre. Les personnes concernées ont été présentées au tribunal de permanence de l’enclave espagnole avant leur transfert vers des Centres de rétention pour étrangers, appelés CIE en Espagne.
Ángel Víctor Torres, ministre espagnol de la Politique territoriale et responsable de la gestion de la crise migratoire à Ceuta, a annoncé que les dossiers de reconduite de 51 ressortissants algériens avaient été finalisés.
« Il s’agit de 51 personnes algériennes. La procédure de reconduite est terminée et elles seront donc renvoyées », a-t-il déclaré à l’issue d’une réunion du comité chargé du suivi de la crise.
Selon la presse locale, le groupe effectivement sorti du Centre de séjour temporaire pour migrants de Ceuta compterait toutefois 63 personnes. Vingt d’entre elles ont été transférées mercredi soir vers Algésiras, puis quinze autres le lendemain. Les opérations doivent se poursuivre jusqu’au départ de l’ensemble des personnes visées par une décision judiciaire de placement en rétention. Ceuta Actualidad, El Pueblo de Ceuta
Transfert vers le centre de rétention d’Alicante
Les ressortissants concernés doivent être transférés dans un Centre de rétention pour étrangers situé dans la péninsule, principalement celui d’Alicante. Ils devraient y demeurer jusqu’à l’exécution définitive de leur mesure d’éloignement.
La procédure prévoit ensuite leur acheminement jusqu’au port d’Alicante, d’où ils embarqueront à bord d’un ferry à destination d’Alger. Cette liaison maritime constitue l’itinéraire habituellement utilisé par les autorités espagnoles pour reconduire les ressortissants algériens.
Les migrants concernés étaient arrivés à Ceuta avant les passages massifs enregistrés les 30 et 31 juillet 2026. Le gouvernement espagnol assure que leurs dossiers ont été examinés conformément à la loi avant leur présentation à la justice et leur placement en rétention.
Le lancement de cette opération signifie que les procédures administratives jusque-là en cours entrent désormais dans leur phase d’exécution. Il convient toutefois de distinguer le transfert vers un centre de rétention de l’expulsion définitive : les premières sorties de Ceuta ont commencé, mais le retour effectif en Algérie doit encore être réalisé.
Un message adressé aux migrants encore présents à Ceuta
Pour le gouvernement espagnol, ces premières reconduites doivent également adresser un message aux milliers de migrants qui demeurent à Ceuta après la crise de la fin du mois de juillet.
Ángel Víctor Torres a estimé que la majorité des personnes entrées irrégulièrement sur le territoire espagnol seraient renvoyées dans leur pays d’origine, dès lors qu’elles ne rempliraient pas les conditions nécessaires pour obtenir une protection internationale.
Chaque dossier doit néanmoins faire l’objet d’un examen individuel. Une personne qui demande l’asile ne peut être expulsée avant que les autorités compétentes aient évalué sa situation et les risques qu’elle pourrait courir en cas de retour. Les mineurs non accompagnés bénéficient également d’un régime de protection particulier.
Les procédures concernant les ressortissants marocains et celles visant les migrants originaires d’autres pays n’obéissent pas nécessairement aux mêmes mécanismes. Dans le cas des Algériens, l’absence de frontière terrestre directe oblige l’Espagne à organiser leur transfert vers un port de la péninsule avant leur embarquement pour Alger.
Ceuta sous une forte pression migratoire
L’enclave espagnole traverse une crise majeure depuis l’arrivée massive de migrants par la frontière marocaine à la fin de juillet. Plusieurs milliers de personnes demeurent encore sur place, alors que les capacités d’accueil de Ceuta sont largement dépassées.
Nombre d’entre elles ont vécu pendant plusieurs semaines dans des campements précaires, sur les plages, dans les rues ou à proximité de zones industrielles. Les autorités espagnoles ont aménagé un site temporaire dans la zone portuaire afin d’accueillir une partie des migrants et de libérer les espaces publics.
Vendredi 18 septembre, la police espagnole a commencé à évacuer les campements installés sur certaines plages pour conduire leurs occupants vers ces structures provisoires. L’opération s’est déroulée dans un climat tendu en raison du nombre insuffisant de places disponibles et des incertitudes entourant le sort des migrants. Reuters
Les autorités cherchent parallèlement à accélérer les retours volontaires, les transferts vers la péninsule et les expulsions des personnes ne bénéficiant d’aucun droit au séjour.
Le début d’une opération appelée à s’élargir
Le départ du premier groupe d’Algériens constitue donc un tournant dans la gestion de la crise. Jusqu’à présent, l’action des autorités s’était principalement concentrée sur l’hébergement d’urgence, l’identification des migrants et l’étude de leur situation administrative.
L’Espagne entre désormais dans une nouvelle phase, celle de l’exécution des décisions d’éloignement. D’autres transferts pourraient intervenir dans les prochaines semaines, à mesure que les dossiers seront examinés et que les autorités consulaires des pays d’origine confirmeront l’identité de leurs ressortissants.
Pour les migrants algériens transférés vers Alicante, l’ultime étape devrait être l’embarquement à bord d’un ferry à destination d’Alger. Leur départ effectif confirmera alors la reprise des expulsions vers l’Algérie depuis Ceuta.



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