La capitale libyenne, Tripoli, a été le théâtre d’une nouvelle vague de manifestations contre les politiques migratoires et d’asile. Des centaines de manifestants se sont rassemblés devant le siège du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), scandant des slogans tels que « La Libye aux Libyens » et « Non à l’installation des étrangers en Libye ». Cette mobilisation fait suite à une campagne largement relayée sur les réseaux sociaux au cours des derniers jours.
Les protestataires ont exigé la fermeture des bureaux du HCR, estimant que l’organisation porte une part de responsabilité dans l’augmentation du nombre de migrants et de réfugiés présents sur le territoire libyen. Selon eux, la présence des organisations internationales a contribué à ancrer durablement la question migratoire dans un pays déjà confronté à d’importants défis économiques et sécuritaires.
Les personnes concernées regroupent à la fois des migrants en situation irrégulière et des réfugiés, dont une grande partie a fui le conflit qui ravage actuellement le Soudan. Toutefois, les accusations évoquant l’existence de projets visant à installer durablement ces populations en Libye ont été rejetées par la Mission d’appui des Nations unies en Libye.
Dans un communiqué publié jeudi soir, la mission onusienne a exprimé son inquiétude face à la propagation de ce qu’elle qualifie de fausses informations concernant les questions migratoires et les réfugiés. Elle a souligné que plusieurs affirmations diffusées sur les réseaux sociaux ne reposent sur aucun élément vérifié et a appelé à traiter ce dossier sensible avec responsabilité.
Ces manifestations interviennent quelques jours après une mise en garde des Nations unies contre la montée des discours hostiles visant certaines catégories d’étrangers et de migrants. L’organisation internationale a averti que la multiplication de tels discours pourrait aggraver les risques de discrimination et de violences à l’encontre des personnes concernées.
Dans le même contexte, les autorités libyennes avaient annoncé en décembre dernier l’adoption de mesures particulières en faveur des ressortissants soudanais ayant fui la guerre dans leur pays. Ces derniers doivent notamment bénéficier de services de santé et d’éducation en Libye. Cette décision a suscité un débat au sein de la société libyenne entre ceux qui y voient un devoir humanitaire et ceux qui redoutent ses conséquences économiques et sociales.
La question migratoire demeure l’un des dossiers les plus sensibles en Libye. En raison de sa position géographique stratégique, le pays constitue l’un des principaux points de transit pour les migrants cherchant à rejoindre l’Europe via la Méditerranée. Alors que les flux migratoires se poursuivent et que le rôle des organisations internationales continue de faire débat, les discussions restent vives au sein de l’opinion publique libyenne, où les appels à un contrôle plus strict des frontières et à une révision des politiques migratoires se multiplient.



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