L’Afrique connaît une intensification de la concurrence autour des grands projets énergétiques. Les autorités algériennes s’efforcent d’accélérer la mise en œuvre du gazoduc transsaharien, alors que le Maroc et le Nigeria se préparent à franchir une étape décisive dans le projet du Gazoduc Africain Atlantique grâce à la signature attendue d’un accord gouvernemental final.

Selon des médias algériens, les autorités ont lancé jeudi les premières étapes concrètes du projet de gazoduc traversant le Niger, au lendemain de l’approbation du plan final de mise en œuvre par les ministres de l’Énergie de l’Algérie, du Niger et du Nigeria lors d’une réunion tenue à Alger.

Les mêmes sources indiquent que le ministre algérien de l’Énergie, Mohamed Arkab, accompagné du ministre d’État nigérian chargé du gaz, Ekperikpe Ekpo, et du ministre nigérien du Pétrole, Hamadou Tini, a donné le coup d’envoi des travaux de la section algérienne du projet dans la région d’Adrar. Cette étape marque, selon Alger, le passage de la phase des études et préparatifs à celle de l’exécution effective.

Parallèlement, le projet de gazoduc Maroc-Nigeria continue d’enregistrer des avancées importantes sur les plans politique et institutionnel. Les autorités nigérianes ont récemment confirmé que le projet progressait conformément aux prévisions.

À la mi-mai, le ministère nigérian des Affaires étrangères a annoncé que Rabat et Abuja se dirigeaient vers la signature d’un accord gouvernemental final avant la fin de l’année 2026. Cette étape devrait donner une nouvelle impulsion au Gazoduc Africain Atlantique, lancé en 2016 par le Roi Mohammed VI et l’ancien président nigérian Muhammadu Buhari.

Le projet a déjà franchi plusieurs étapes techniques et d’ingénierie, ainsi que de vastes consultations avec les pays concernés par son tracé. La finalisation des études préliminaires ouvre désormais la voie aux aspects juridiques, financiers et opérationnels.

Le gazoduc s’étendra sur environ 6 900 kilomètres, suivant un tracé terrestre et maritime reliant les champs gaziers nigérians à plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest avant d’atteindre le Maroc puis les marchés européens.

Son coût est estimé à près de 25 milliards de dollars et sa capacité annuelle à environ 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel. Une partie du gaz sera destinée à répondre aux besoins énergétiques du Maroc, tandis qu’une autre sera exportée vers l’Europe.

Les progrès du projet ont également été évoqués lors d’un entretien téléphonique entre le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et son homologue nigériane, Bianca Odumegwu-Ojukwu. Les deux responsables ont examiné l’état d’avancement du projet et les moyens de renforcer la coopération économique bilatérale.

Au-delà du transport du gaz, le projet est devenu un cadre stratégique de coopération entre le Maroc et le Nigeria dans plusieurs secteurs clés, notamment la production et la distribution d’engrais, dans un contexte marqué par l’importance croissante des enjeux de sécurité alimentaire en Afrique.

Les deux parties ont également souligné la nécessité de réactiver le Conseil d’affaires maroco-nigérian afin de promouvoir les investissements et les partenariats entre les acteurs privés des deux pays et de tirer profit des opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine.