Alors que plusieurs pays arabes se sont empressés de condamner les attaques iraniennes ayant visé ces derniers jours plusieurs États du Golfe, l’Algérie s’est une nouvelle fois distinguée par l’absence de toute condamnation officielle explicite de ces agressions, malgré leur gravité et leurs conséquences sécuritaires pour la région.

Selon les informations relayées par plusieurs médias internationaux, le Koweït a été le dernier pays du Golfe à être touché par une attaque attribuée à l’Iran, après qu’un bombardement a visé l’aéroport international de Koweït, faisant au moins un mort et plusieurs blessés, selon les autorités koweïtiennes. Bahreïn a également été la cible d’attaques similaires au cours des derniers jours.

Ces événements ont suscité une vague de condamnations dans le monde arabe. L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn, l’Égypte et la Jordanie ont exprimé leur rejet de ces attaques et réaffirmé leur solidarité avec les États visés, tout en soulignant leur soutien à leur souveraineté et à leur sécurité. Le Conseil de coopération du Golfe ainsi que plusieurs organisations régionales arabes ont adopté des positions similaires.

Le Maroc figure également parmi les pays ayant réitéré leur condamnation des attaques iraniennes contre des installations stratégiques dans le Golfe. Rabat a notamment exprimé sa solidarité avec les États concernés et son opposition à toute attaque visant des infrastructures civiles ou vitales.

À l’inverse, aucune déclaration officielle algérienne n’a condamné les attaques ayant visé le Koweït, Bahreïn ou les Émirats arabes unis. Cette absence de réaction a ravivé les critiques adressées à la diplomatie algérienne, accusée par plusieurs observateurs d’adopter une position ambiguë face aux actions de Téhéran dans la région.

Lors des précédentes phases d’escalade, les autorités algériennes s’étaient limitées à exprimer leur « préoccupation » face à l’évolution de la situation et à appeler à la retenue ainsi qu’à la désescalade, sans toutefois désigner directement l’Iran ni lui attribuer la responsabilité des attaques contre certains pays arabes.

Pour de nombreux observateurs, cette attitude contraste avec celle de la majorité des États arabes, qui ont choisi d’afficher un soutien clair aux pays ciblés, notamment lorsqu’il s’agit d’attaques ayant provoqué des pertes humaines et des dégâts matériels importants.

Selon plusieurs analystes, cette prudence diplomatique s’expliquerait par la volonté du pouvoir algérien de préserver ses relations avec Téhéran, considéré comme un partenaire stratégique dans plusieurs dossiers régionaux. Une posture qui semble toutefois en contradiction avec les déclarations répétées de responsables algériens affirmant que « la sécurité des pays du Golfe fait partie intégrante de la sécurité de l’Algérie ».

Le maintien de cette ligne diplomatique alimente ainsi les interrogations sur les véritables priorités de la politique étrangère algérienne et sur son positionnement face aux crises qui secouent le Moyen-Orient, dans un contexte marqué par une forte solidarité arabe avec les États du Golfe visés par ces attaques.