Condamnations américaines et françaises renforçant la position marocaine sur le Sahara

Le Front Polisario séparatiste est entré dans une nouvelle phase d’isolement international après l’attaque à la roquette ayant visé la ville de Smara le 5 mai 2026. Cette escalade n’a apporté aucun gain militaire ou politique au mouvement, mais s’est transformée en un lourd fardeau pour l’Algérie, désormais au centre de critiques internationales croissantes en raison de son soutien à des actions armées considérées comme une menace pour la sécurité et la stabilité régionales.

Bien que les tirs n’aient causé ni pertes humaines ni dégâts matériels importants, leurs conséquences politiques et diplomatiques ont été sévères pour le Polisario et pour son principal soutien, le régime algérien. Les condamnations fermes des États-Unis et de la France, deux puissances influentes au Conseil de sécurité de l’ONU, ont donné un nouvel élan à la position marocaine fondée sur l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine.

Dans un développement remarqué, l’ambassade américaine à Alger a relayé la position officielle de Washington condamnant explicitement les attaques du Polisario contre Smara. Les États-Unis ont estimé que “de tels actes menacent la stabilité régionale et les progrès réalisés vers la paix”, tout en affirmant que “la proposition marocaine d’autonomie constitue la voie réaliste vers la paix”, signe d’un soutien américain de plus en plus affirmé au plan marocain face à l’échec du projet séparatiste.

Le message américain comportait également un ton inhabituellement ferme envers les parties qui entravent le processus politique. Washington a appelé à “un engagement sincère en faveur d’un avenir meilleur”, soulignant qu’il n’était plus acceptable de laisser ce conflit durer davantage et qu’il était temps d’y mettre fin par une solution politique durable.

L’importance de cette prise de position réside aussi dans le fait qu’elle n’a pas seulement été exprimée par la mission américaine auprès des Nations unies, mais également relayée publiquement par l’ambassade américaine en Algérie. Cela reflète une évolution notable de l’approche américaine du dossier, passant d’une prudence diplomatique à une position plus explicite concernant le rôle joué par l’Algérie et le Polisario dans le blocage des efforts de règlement.

La France s’est également jointe à la vague de condamnations internationales. Sa mission auprès de l’ONU a affirmé que l’attaque contre Smara compromettait le processus politique mené sous l’égide des Nations unies, appelant le Polisario à respecter le cessez-le-feu et les dispositions de la résolution 2797 du Conseil de sécurité.

Paris a renouvelé son soutien à l’initiative marocaine d’autonomie, la qualifiant de “seule base” permettant d’aboutir à une solution politique juste, durable et acceptable par toutes les parties. Cette position illustre la profonde évolution de la vision française concernant la question du Sahara, notamment après le rapprochement croissant entre Rabat et Paris ces derniers mois.

De son côté, l’ONU a exprimé ses inquiétudes face à ces attaques. L’envoyé personnel du secrétaire général, Staffan de Mistura, a insisté sur le fait que le moment actuel devait être celui du dialogue et des négociations, et non de l’escalade militaire, appelant au retour du cessez-le-feu et à la reprise du processus politique sous supervision onusienne.

Le Maroc, quant à lui, a choisi de réagir avec calme, sans escalade médiatique ou politique visible. Cette attitude reflète la confiance de Rabat dans les acquis diplomatiques obtenus sur la scène internationale, alors que le soutien à l’initiative d’autonomie se renforce et que l’image du Polisario se détériore, apparaissant de plus en plus comme un groupe armé menaçant la stabilité régionale plutôt qu’un prétendu “mouvement de libération”, comme tente de le présenter le régime algérien.

Le régime algérien semble aujourd’hui se retrouver dans une position diplomatique délicate, surtout après avoir misé ces dernières semaines sur des changements internes au sein du Polisario, notamment la montée en puissance de Hamma Salama, proche de l’institution militaire algérienne, dans une tentative de réorganisation du mouvement et de reprise en main des camps de Tindouf où le mécontentement grandit.

Mais l’attaque de Smara a bouleversé les calculs d’Alger. L’opération s’est transformée en un levier de pression internationale contre l’Algérie elle-même, à l’approche d’un nouveau cycle de négociations attendu à Washington, où Alger devra répondre des activités militaires menées depuis des territoires placés sous son influence directe.

Alors que le Polisario espérait démontrer sa capacité à imposer un nouveau rapport de force sur le terrain, cette escalade a produit l’effet inverse : elle a consolidé la position marocaine, élargi le soutien international au plan d’autonomie et accentué l’isolement du mouvement séparatiste, tandis que la marge de manœuvre du régime algérien se réduit progressivement dans les coulisses des Nations unies et des capitales occidentales.