Malgré les tentatives du régime algérien de se présenter comme une “puissance énergétique” capable de sauver l’Europe de ses crises gazières successives, un récent rapport international révèle une réalité bien différente. L’Algérie souffre en profondeur de déséquilibres structurels et techniques qui l’empêchent de jouer le rôle de fournisseur alternatif tant espéré par les capitales européennes depuis le déclenchement des tensions au Moyen-Orient.
Le rapport publié par RANE Network, spécialisé dans l’analyse des risques géopolitiques et économiques, affirme que la hausse des prix du pétrole et du gaz provoquée par la guerre au Moyen-Orient a offert au régime algérien une bouffée d’oxygène financière temporaire. Toutefois, cela ne change rien au fait que le secteur énergétique algérien reste miné par des crises chroniques touchant aussi bien la production que les infrastructures et les capacités d’exportation.
Selon le rapport, plusieurs pays européens, notamment Espagne et Italie, ont intensifié ces derniers mois leurs démarches diplomatiques auprès d’Alger afin d’obtenir des volumes supplémentaires de gaz, dans un contexte marqué par la perturbation des marchés mondiaux de l’énergie et la baisse d’une partie des exportations du Golfe, en particulier le gaz qatari, en raison des tensions liées à la guerre avec l’Iran et aux menaces pesant sur le détroit d’Ormuz.
Dans ce cadre, le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares s’est rendu en Algérie à la fin du mois de mars. Les discussions ont porté sur une éventuelle augmentation des exportations algériennes via le gazoduc “Medgaz”, qui fonctionnerait à pleine capacité afin d’accroître les livraisons vers l’Espagne d’environ 10 %, ainsi que sur l’augmentation des cargaisons de gaz naturel liquéfié. Mais jusqu’à présent, ces promesses sont restées sans effet concret.
Le même constat s’applique à la visite de la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni en Algérie, destinée à renforcer la coopération énergétique entre les deux pays. L’Algérie fournit actuellement près de 30 % de la consommation italienne de gaz en 2025, mais le rapport souligne qu’Alger ne dispose pas d’une marge suffisante pour augmenter rapidement ses exportations en raison des limites de ses capacités de production.
Le document révèle également que Sonatrach est déjà liée par des contrats à long terme qui restreignent fortement sa capacité à rediriger des volumes supplémentaires vers l’Europe, réduisant ainsi la marge de manœuvre du pays face à la demande européenne croissante.
Le rapport met aussi en avant un problème encore plus préoccupant : la hausse continue de la consommation énergétique intérieure en Algérie. Celle-ci augmente chaque année de 3 à 4 %, sous l’effet de la croissance démographique, des fortes chaleurs et des besoins industriels, ce qui réduit progressivement les quantités disponibles pour l’exportation.
Le rapport insiste également sur les difficultés techniques qui frappent les installations algériennes de liquéfaction du gaz naturel, engagées depuis des années dans de longs travaux de maintenance et de modernisation. Cette situation a entraîné une baisse de la production par rapport aux niveaux records enregistrés en 2023.
Bien que la capacité théorique totale de liquéfaction de l’Algérie atteigne environ 25,3 millions de tonnes par an, la production réelle demeure largement inférieure à ce seuil, illustrant les limites opérationnelles actuelles du secteur énergétique algérien.
À cela s’ajoute le déclin naturel des anciens gisements gaziers, notamment celui de Hassi R’mel, considéré comme le cœur de la production gazière algérienne. Face à la baisse de pression et de rendement, le régime algérien se voit contraint d’investir massivement uniquement pour maintenir les niveaux actuels de production, sans réelle possibilité d’accroître les exportations.
Dans une tentative de freiner ce déclin, les autorités algériennes travaillent à la mise en place de trois nouvelles stations de compression à Hassi R’mel, dont l’entrée en service est prévue entre fin 2026 et mi-2027. Le projet “Alrar phase 3” vise également à maintenir une production quotidienne avoisinant les 10 millions de mètres cubes. Mais selon le rapport, ces projets ne constitueront pas une solution immédiate, car l’Europe cherche des alternatives rapides tandis que les projets algériens nécessitent encore plusieurs années avant d’atteindre leur pleine capacité.
Même si le régime algérien profite temporairement de la hausse des prix du pétrole, qui ont dépassé à certains moments les 126 dollars le baril, le rapport avertit que ces gains restent limités. L’Algérie possède en effet l’un des seuils de rentabilité pétrolière les plus élevés au monde, nécessitant des prix supérieurs à 120 dollars le baril pour maintenir l’équilibre de ses finances publiques.
Le rapport estime enfin que la dépendance quasi totale de l’économie algérienne aux revenus des hydrocarbures illustre l’échec des autorités à construire une économie diversifiée et capable de résister aux crises, notamment à cause de la persistance des obstacles décourageant les investisseurs étrangers : lourde bureaucratie, climat des affaires dégradé et maintien de la règle “51/49”, que le régime algérien continue de défendre malgré les critiques.
Alors que la propagande officielle tente de présenter l’Algérie comme un “acteur incontournable” sur l’échiquier énergétique mondial, ces rapports internationaux viennent rappeler la fragilité de cette réalité et démontrent que le régime algérien ne fait que profiter temporairement des crises internationales, sans disposer d’une véritable vision économique ni des capacités nécessaires pour devenir une puissance énergétique stable et crédible.



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