À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai, la situation en Algérie suscite de vives inquiétudes, marquée par un recul notable de la liberté d’expression et une intensification des restrictions visant les journalistes.
L’Organisation Chouaa des droits de l’homme a alerté sur le fait que le travail journalistique en Algérie est devenu risqué, dans un environnement caractérisé par la criminalisation de l’expression libre et une pression constante sur les voix indépendantes. Selon l’organisation, les politiques adoptées par le régime algérien traduisent une volonté claire de restreindre le champ médiatique.
Plusieurs journalistes sont actuellement détenus ou poursuivis en justice, notamment Hassan Bouras, Abdelwakil Blam et Abdelali Mezghich, tandis que d’autres subissent des pressions continues, comme Abdelkrim Zeghilche et Mustapha Ben Djamaa, à travers des mesures telles que l’interdiction de voyager et le harcèlement sécuritaire.
Les autorités s’appuient sur un arsenal juridique flou pour criminaliser l’activité journalistique, allant jusqu’à invoquer des accusations graves comme le « terrorisme » en vertu de l’article 87 bis. Dans ce contexte, le journaliste Hassan Bouras a entamé une grève de la faim en prison, un signal alarmant sur les violations dont il est victime.
Par ailleurs, Abdelwakil Blam est détenu depuis plus de 16 mois sans procès, en violation du droit à un procès équitable, tandis qu’Abdelali Mezghich fait face à des accusations liées à l’atteinte à l’intérêt national.
Selon l’Organisation Chouaa, ces pratiques s’inscrivent dans une stratégie systématique visant à affaiblir la presse indépendante, à travers des lois ambiguës, des procès inéquitables et un contrôle accru des médias, créant ainsi un climat de peur qui compromet la liberté d’expression.
Malgré les garanties prévues par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et l’article 54 de la Constitution algérienne, la réalité montre un écart profond entre les textes et leur application.
L’organisation appelle enfin à la libération immédiate et inconditionnelle de tous les journalistes détenus, à la fin des poursuites à caractère politique, ainsi qu’à une réforme du cadre juridique afin de garantir la liberté et l’indépendance du travail journalistique, conformément aux normes internationales.



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