Pedro Canales pour LeMed24
Le président du gouvernement espagnol en exercice, Pedro Sánchez, a annoncé, lundi 5 octobre, la dissolution des Cortes Generales le Congrès des députés et le Sénat espagnols et la convocation d’élections législatives pour le 29 novembre 2026.
Cette annonce intervient trois jours seulement après le rejet, par les Cortes, des deux décrets présentés par l’exécutif sur l’épineuse question du logement.
Une grande partie des médias espagnols et étrangers considère que la décision d’avancer les élections résulte de l’incapacité du gouvernement à réunir la majorité parlementaire nécessaire à l’adoption de ces décrets royaux. D’autres médias, dont je partage pleinement l’analyse, estiment au contraire que la décision du président du gouvernement tient à sa conviction que, d’ici à la fin de la législature en 2027, sa situation et celle du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) seront bien plus difficiles.
Le procès de l’épouse du président du gouvernement, Begoña Gómez, pour des faits présumés de détournement de fonds publics, de trafic d’influence, de corruption dans les affaires et d’appropriation indue d’une marque ; le procès en cours de l’ancien président du gouvernement socialiste José Luis Rodríguez Zapatero, auquel sont imputés des faits d’intermédiation illégale dans le sauvetage public de la compagnie aérienne Plus Ultra, à hauteur de 53 millions d’euros, d’organisation criminelle, de blanchiment de capitaux, de trafic d’influence, de faux en documents, de corruption, de détournement de fonds, de fraude fiscale et de contrebande ; les enquêtes judiciaires en cours sur le financement illégal du PSOE ; la quasi-unanimité des sondages annonçant un effondrement du bloc de gauche allié aux sociaux-démocrates de Sánchez au sein du gouvernement de coalition ; enfin, la paralysie du Congrès, faute d’une majorité permettant au gouvernement de faire adopter le nouveau budget annoncé avant l’échéance électorale de 2027 : autant de facteurs qui ont conduit à la convocation des élections. L’exécutif de Pedro Sánchez continue en effet de fonctionner avec le budget de l’État de 2023, reconduit trois années consécutives.
Face à cette situation dramatique, Pedro Sánchez a choisi de convoquer des élections pour préserver sa position et épargner à son parti une débâcle. Ce faisant, il tente de redorer son image de « victime de l’extrême droite mondiale et nationale » et de se maintenir à la tête du parti, au moins jusqu’au 42ᵉ congrès fédéral du PSOE, prévu en 2028.
Depuis son poste à la tête du parti, Sánchez dirigera un plan de « harcèlement et de déstabilisation » du système gouvernemental et institutionnel qui sortira des urnes dans quarante-cinq jours.
S’il avait attendu la fin de la législature, l’actuel secrétaire général du PSOE aurait éprouvé de sérieuses difficultés à garder le cap. Les voix critiques qui se sont élevées contre lui au sein du parti durant ces huit années de « sanchisme » constituaient, pour le dirigeant social-démocrate, un obstacle impossible à contourner.



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