À partir du 1er janvier 2026, la France instaurera un nouveau test civique obligatoire pour les étrangers résidant sur son territoire et souhaitant obtenir une carte de séjour de longue durée ou la nationalité française. Cette mesure concerne un large éventail de résidents étrangers, dont les immigrés marocains qui constituent l’une des communautés les plus importantes et les plus anciennes du pays.

Ce test s’inscrit dans un nouveau parcours administratif mis en place par le ministère français de l’Intérieur. Il vise notamment les titulaires de cartes de séjour pluriannuelles, les résidents présents depuis dix ans ainsi que les candidats à la naturalisation. Selon les autorités, près de 100 000 personnes pourraient être concernées chaque année, à l’exception de certains cas spécifiques.

D’après le quotidien Le Monde, l’examen prend la forme d’un questionnaire à choix multiples composé de 28 questions, adaptées selon le profil des candidats. Un taux de réussite minimal de 80 pour cent est exigé. L’épreuve dure environ 45 minutes et les résultats sont communiqués dans un délai maximal de 48 heures, avec la possibilité de repasser le test en cas d’échec.

Cependant, le contenu de l’examen suscite des interrogations croissantes. Au-delà des principes constitutionnels généraux, les questions portent sur des aspects précis de l’histoire française, les symboles de la République, la laïcité, les compétences des institutions ainsi que des dates clés de l’histoire politique du pays.

Dans les centres de formation linguistique et civique, fréquentés par de nombreux immigrés marocains, des difficultés ont rapidement émergé. Un médecin marocain installé en France depuis plusieurs années a confié au Monde que certaines questions allaient au-delà des contenus abordés durant les formations, l’obligeant à approfondir ses révisions de manière autonome. Des témoignages similaires évoquent un niveau jugé élevé, parfois même supérieur aux connaissances détenues par certains citoyens français.

Les responsables des centres de formation estiment que ce test traduit une volonté officielle de renforcer les exigences d’intégration, tout en soulignant que sa mise en œuvre a été rapide et insuffisamment accompagnée par une harmonisation des programmes. Cette situation affecte particulièrement les immigrés ayant des parcours professionnels stables, notamment dans les secteurs de la santé, du bâtiment et des services.

Selon le ministère de l’Intérieur, l’objectif affiché est de s’assurer que les étrangers disposent d’une connaissance de base des valeurs républicaines et du fonctionnement des institutions. Toutefois, des difficultés organisationnelles ont été signalées dans plusieurs centres, liées à la capacité d’accueil ou au manque de personnel, entraînant des reports d’examens ou des déplacements contraignants pour certains candidats.

Malgré la pression, de nombreux candidats, y compris des immigrés marocains, disent comprendre le principe du test comme une étape d’intégration. D’autres redoutent néanmoins qu’il ne devienne un obstacle supplémentaire à la stabilité juridique, en particulier pour les personnes confrontées à des difficultés linguistiques ou administratives, relançant ainsi le débat sur l’équilibre entre exigences d’intégration et égalité des chances.

La rédaction / LEMED24