Le mensonge politique en Algérie n’est plus une simple dérive rhétorique, mais une méthode de gouvernance à part entière. La dernière illustration en date est le discours du président Abdelmadjid Tebboune à Constantine, au cours duquel il a promis l’ouverture imminente du projet de Gara Djebilet, affirmant que les travaux débuteraient dans un délai d’un mois au maximum.

Ce discours officiel, prononcé le 23 novembre 2025 et diffusé par les chaînes publiques, n’a été suivi d’aucune concrétisation. Plus d’un mois plus tard, aucun chantier, aucune inauguration, aucun signe de mise en œuvre. Le projet, une fois de plus, est resté au stade du slogan.

Gara Djebilet est devenu le symbole parfait de l’écart entre le discours et la réalité. Tandis que Tebboune évoque des milliers de kilomètres de voies ferrées réalisées sans endettement, le terrain ne montre strictement rien.

Le même schéma se répète avec le dossier du blé. Alors que le président parlait d’autosuffisance, l’Algérie achetait entre 810 000 et 900 000 tonnes de blé sur le marché international, à un prix avoisinant 256 dollars la tonne, transport compris. Des chiffres officiels qui démentent frontalement le récit présidentiel.

L’argument des barrages et de l’irrigation agricole relève de la même fiction. Barrages à sec, infrastructures défaillantes, eau inexistante pour les agriculteurs et les habitants. La réalité hydraulique du pays est en totale contradiction avec les discours rassurants du pouvoir.

Quant aux industries pharmaceutiques et à l’intelligence artificielle, les proclamations de leadership africain et arabe frôlent l’absurde. L’Algérie se contente, dans bien des cas, de conditionner des produits importés, tandis que des pays comme l’Égypte, le Nigeria ou l’Afrique du Sud disposent de véritables capacités industrielles et scientifiques.

Le problème n’est plus un simple mensonge ponctuel, mais un mépris assumé de l’intelligence collective. À l’approche de 2026, les Algériens n’attendent plus de promesses ni de discours, mais une chose essentielle: la fin de cette fuite en avant faite de paroles creuses et de réalités niées.

La rédaction / LEMED24