La pression européenne sur l’Iran s’est intensifiée mardi, après l’annonce par plusieurs États de l’Union européenne, ainsi que par le Royaume-Uni, du rappel des ambassadeurs iraniens afin de dénoncer la répression violente des manifestations qui se poursuivent depuis fin décembre. Ce mouvement coordonné intervient alors que les capitales européennes et Londres brandissent la menace de nouvelles sanctions visant des responsables et des secteurs clés de la République islamique.
À Londres, la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a déclaré devant la Chambre des communes que le Royaume-Uni avait convoqué l’ambassadeur iranien, sur instruction directe de sa part, soulignant la gravité de la situation actuelle. Elle a exigé des autorités iraniennes des explications concernant des rapports qualifiés de choquants, faisant état de nombreux morts lors de la répression des manifestations. Cooper a affirmé que Londres préparait une législation permettant d’imposer des sanctions globales et supplémentaires, ciblant notamment les secteurs de la finance, de l’énergie et des transports, ainsi que d’autres industries jugées contributrices au programme nucléaire iranien.
La cheffe de la diplomatie britannique a rappelé que son pays avait déjà sanctionné des acteurs majeurs des secteurs pétrolier, énergétique, nucléaire et financier en Iran, dans le cadre d’une politique de pression accrue liée au bilan des droits humains du régime.
Selon l’ONG Human Rights in Iran, la campagne de répression menée depuis le déclenchement des manifestations le 28 décembre, sur fond de crise économique, a fait au moins 648 morts et près de dix mille arrestations. Les autorités britanniques redoutent que ces chiffres soient en deçà de la réalité, à mesure que s’accumulent témoignages et preuves d’un usage excessif de la force.
Au niveau européen, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé la présentation rapide de propositions de nouvelles sanctions par les vingt-sept États membres. Elle a souligné la volonté de l’Union de renforcer la coordination avec ses partenaires afin d’envisager des mesures supplémentaires, dénonçant l’usage disproportionné de la force et les restrictions persistantes des libertés en Iran.
À Rome, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a indiqué que son pays avait rappelé l’ambassadeur iranien pour protester contre une répression jugée totalement inacceptable. À Berlin, l’Allemagne a également convoqué l’ambassadeur iranien, qualifiant de choquantes les violences exercées par le régime contre sa population. À Paris, la France a dénoncé une violence d’État intolérable à l’encontre de manifestants pacifiques et affirmé sa détermination à demander des comptes aux responsables.
Enfin, plusieurs autres pays européens, dont l’Espagne, les Pays-Bas, la Finlande, le Portugal et la Belgique, ont annoncé des démarches similaires, illustrant l’élargissement d’une position européenne de plus en plus ferme face à la répression en Iran.
La rédaction / LEMED24



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