L’Algérie traverse une phase délicate où se croisent pressions économiques et tensions diplomatiques, soulevant de sérieuses interrogations sur la capacité du système en place à gérer les dossiers stratégiques, en particulier le secteur énergétique qui constitue la colonne vertébrale de l’économie nationale. Dans un contexte d’isolement international croissant et de relations tendues avec plusieurs partenaires régionaux et internationaux, le pays s’oriente vers une politique d’austérité liée aux fluctuations des prix du pétrole et du gaz, révélant la fragilité d’un modèle économique largement dépendant des hydrocarbures.
Les chiffres budgétaires illustrent l’ampleur des pressions accumulées. Les recettes publiques ont reculé à environ 61,7 milliards de dollars, un niveau qui traduit un net ralentissement par rapport aux années précédentes. Le poids du service de la dette publique représente 7,1 pour cent des recettes totales, tandis que le déficit budgétaire est estimé à près de 74,4 millions de dollars. Cette situation financière s’accompagne d’une dépréciation du dinar et d’un recours accru au financement interne, contribuant à l’alourdissement de la dette cumulée et à la réduction des marges de manœuvre économiques.

Le secteur du gaz naturel liquéfié, longtemps considéré comme un atout majeur de l’Algérie sur les marchés internationaux, n’a pas échappé à ces tensions. Les exportations ont chuté d’environ 23 pour cent, révélant des difficultés structurelles et opérationnelles. En décembre 2025, elles ont diminué d’environ 571 000 tonnes, suivies d’un nouveau recul de 131 000 tonnes en janvier 2026, atteignant l’un des niveaux les plus bas depuis plus d’une décennie. Cette tendance baissière prolonge un déclin amorcé l’année précédente, traduisant une faiblesse persistante des capacités de production et d’exportation.
Les données de répartition montrent que les cargaisons algériennes se sont dirigées vers un nombre limité de pays, principalement la Turquie avec environ 276 000 tonnes, suivie de la France avec 130 000 tonnes, puis de l’Italie avec près de 33 000 tonnes. Cette contraction de la clientèle met en évidence un recul de la présence algérienne sur un marché hautement concurrentiel exigeant stabilité et fiabilité contractuelle.

Sur le plan de la production, le volume total de gaz naturel a reculé à 92,41 milliards de mètres cubes durant les onze premiers mois de 2025, en raison d’un ralentissement observé sur plusieurs périodes, notamment en avril qui a enregistré la plus forte baisse. Cette évolution est attribuée au vieillissement des infrastructures, à l’insuffisance des programmes de maintenance et de modernisation, ainsi qu’à des contraintes organisationnelles affectant la continuité de l’approvisionnement.
À cela s’ajoute la dimension politique, les tensions diplomatiques pesant sur la confiance des partenaires et fournisseurs, qui adoptent une attitude prudente face aux engagements de long terme. La stabilité des relations internationales demeure un facteur clé dans les marchés énergétiques, et toute instabilité peut affecter directement la fluidité des contrats et des livraisons. En définitive, le secteur énergétique algérien fait face à un test majeur nécessitant des réformes structurelles et une vision stratégique capable de rééquilibrer les impératifs politiques et économiques afin d’assurer la durabilité de cette ressource essentielle.