Dès les premières heures de l’année 2026, les Algériens se sont réveillés sur une réalité économique encore plus brutale. Une hausse des prix du carburant a été appliquée dans un silence presque total, sans annonce officielle préalable ni communication destinée à expliquer les raisons ou à préparer l’opinion publique. Il ne s’agit pas d’un simple ajustement technique, mais d’un choc direct porté au pouvoir d’achat de millions de citoyens, et d’un coup supplémentaire infligé à des catégories déjà au bord de l’asphyxie.

La hausse concerne l’ensemble des carburants. Le prix de l’essence est passé à 47 dinars le litre, celui du gasoil à 31 dinars, et le GPL-c à 12 dinars. Il s’agit de la première augmentation depuis 2020. Elle intervient toutefois dans un contexte extrêmement sensible, marqué par la baisse du revenu réel, l’augmentation continue du coût de la vie et l’absence totale de perspectives pour de larges franges de la société.

Le plus grave dans cette décision n’est pas seulement l’ampleur de la hausse, mais la manière dont elle a été imposée. Aucun communiqué gouvernemental, aucune explication du ministère de l’Énergie, pas même une information anticipée de la part de Naftal. Les citoyens ont découvert la nouvelle directement à la pompe. Cette méthode révèle une mentalité de pouvoir habituée à traiter les Algériens comme de simples chiffres, et non comme des citoyens concernés par des décisions qui impactent leur quotidien.

Les conséquences de cette augmentation ne se limitent pas aux propriétaires de véhicules. Les tarifs des transports publics sont désormais appelés à augmenter, qu’il s’agisse des bus, des taxis ou du train. Cela entraînera mécaniquement une hausse généralisée des prix des biens et des services, aggravant encore la situation des étudiants, des travailleurs et des salariés modestes. Le citoyen sans voiture paiera lui aussi le prix, à travers le transport et le renchérissement du coût de la vie.

Le secteur informel, véritable bouée de sauvetage pour des milliers de familles, figure parmi les premières victimes. Chauffeurs de taxi, livreurs, petits agriculteurs, ou simples citoyens dépendant de véhicules modestes pour leurs déplacements quotidiens, tous se retrouvent face à une équation impossible. Les charges augmentent, les revenus stagnent, tandis que les restrictions bancaires et le durcissement des règles sur les transactions en espèces réduisent encore les marges de survie.

En parallèle, aucune alternative crédible n’est proposée par les autorités. Pas de soutien ciblé, pas de mesures compensatoires, pas même un discours honnête reconnaissant l’ampleur de la crise. Au contraire, le citoyen continue de supporter seul le coût des échecs politiques, pendant que l’économie rentière reste inchangée et que les ressources publiques sont dilapidées sans véritable reddition de comptes.

Ce qui s’est produit au premier jour de 2026 n’est pas un fait isolé. C’est une nouvelle étape dans une trajectoire désormais évidente, celle qui consiste à faire payer à la société le prix des impasses du système, tout en poussant, implicitement, les Algériens à chercher une issue ailleurs. Quand le début d’une nouvelle année rime avec une nouvelle mauvaise surprise, et quand vivre dignement devient un privilège rare, le message est clair : ce système ne cherche pas à corriger la crise, mais à habituer la population à l’inacceptable.

La rédaction / LEMED24