Les milieux sportifs et politiques européens sont secoués par une polémique sans précédent autour de la Coupe du monde 2026, désormais rattrapée de plein fouet par les tensions géopolitiques entre l’Europe et les États Unis. Les politiques du président américain Donald Trump ont transformé ce qui devait être une grande fête du football en un possible champ de bataille diplomatique.

L’initiative est partie d’Allemagne. Uke Gietlich, président du club St Pauli et membre du comité exécutif de la Ligue allemande et de la Fédération allemande de football, a appelé les pays européens à réfléchir sérieusement à une non participation au Mondial organisé aux États Unis, au Canada et au Mexique. Il a estimé qu’accueillir une compétition mondiale dans un pays qui adopte une attitude hostile envers l’Europe pose de lourdes questions éthiques et politiques, en référence aux tensions autour du dossier du Groenland.

Selon lui, participer à un tournoi organisé par un pays qui pourrait s’en prendre directement ou indirectement à l’Europe à l’avenir doit être réévalué. Cette prise de position d’une figure influente du football allemand a lancé un large débat sur la place des valeurs politiques dans les grandes compétitions sportives.

Du côté politique, le député allemand Jürgen Hardt, proche du chancelier Friedrich Merz, n’a pas exclu le recours à un boycott comme moyen de pression contre Washington. Il a reconnu que cette option devait rester un dernier recours, mais il a souligné que l’importance symbolique de la Coupe du monde pour Trump pourrait en faire un levier politique efficace.

Au Royaume Uni, les appels à la fermeté se sont multipliés. Le député conservateur Simon Hoare a dénoncé le manque de respect de Trump envers les alliés européens et a estimé qu’un retrait des équipes britanniques du Mondial 2026 enverrait un message politique fort.

Il a également mis en doute l’opportunité de la visite officielle du roi Charles III aux États Unis en 2026 ainsi que la participation des sélections anglaises au tournoi, estimant qu’un tel recul placerait Trump dans une position intérieure embarrassante.

Le député libéral démocrate Luke Taylor a soutenu cette ligne, appelant le gouvernement britannique à envisager à la fois l’annulation de la visite royale et le boycott du Mondial afin de transmettre un message clair selon lequel Trump ne réagit qu’à ce qui touche son orgueil et ses symboles.

Le débat a aussi gagné les médias. Le journaliste britannique Piers Morgan a appelé des grandes sélections comme l’Angleterre, la France, l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, les Pays Bas et la Norvège à menacer de se retirer du tournoi. Selon lui, l’absence de plusieurs favoris obligerait les autres pays à reconsidérer leur position.

La Coupe du monde 2026 doit se dérouler du 11 juin au 19 juillet dans seize villes réparties entre les États Unis, le Canada et le Mexique, avec une finale prévue au MetLife Stadium dans le New Jersey. Ce sera la plus grande édition de l’histoire du Mondial, ce qui rend toute perspective de boycott particulièrement explosive.

Ces appels interviennent après l’annonce par Trump de droits de douane pouvant atteindre 25 pour cent sur les importations de plusieurs pays européens à partir de 2026, assortis d’un lien direct avec un accord sur le Groenland avec le Danemark. Cette politisation du commerce a ravivé les tensions transatlantiques et projeté le football au cœur d’un affrontement géopolitique majeur.

Ainsi, la Coupe du monde 2026 ne se présente plus seulement comme un événement sportif, mais comme un enjeu politique capable d’influencer l’équilibre des relations entre l’Europe et les États Unis dans une période particulièrement sensible.

La rédaction / LEMED24