Les États-Unis ont annoncé l’imposition de droits compensateurs provisoires très élevés, atteignant 72,94 pour cent, sur les importations de barres d’armature en provenance d’Algérie. Cette décision équivaut à une exclusion quasi totale du produit algérien du marché américain, compte tenu du coût exorbitant qu’elle impose aux entreprises exportatrices.
Cette mesure s’inscrit dans les conclusions préliminaires des enquêtes du Département américain du commerce sur les subventions publiques, publiées au Federal Register le 13 janvier 2026. Outre l’Algérie, l’Égypte et le Vietnam sont également concernés dans le cadre de la lutte contre la concurrence jugée déloyale.
Les écarts sont significatifs. L’Algérie se voit appliquer le taux le plus élevé, loin devant l’Égypte avec 29,51 pour cent et le Vietnam avec seulement 1,08 pour cent. Selon les analystes, ce différentiel reflète soit l’ampleur des soutiens publics accordés au secteur sidérurgique algérien, soit le faible niveau de coopération des entreprises lors de l’enquête, conduisant à l’utilisation de faits disponibles assortis de conclusions défavorables.
Les autorités américaines exigent en outre le paiement immédiat de garanties financières équivalentes aux droits annoncés, avant même la décision finale. Ce mécanisme dissuade fortement les importateurs et fragilise davantage la présence algérienne.
Autrefois fournisseur majeur de barres d’armature aux États-Unis, l’Algérie a vu sa position reculer nettement en 2024, passant à la quatrième place, avec la perspective d’un retrait quasi complet après l’entrée en vigueur de ces droits.
Ce durcissement intervient dans un contexte plus large de protection industrielle, Washington ayant déjà relevé les droits généraux sur l’acier de 25 pour cent en mars 2025 à 50 pour cent en juin de la même année. En cumul, la charge fiscale dépasse désormais 120 pour cent pour l’acier algérien, rendant sa commercialisation économiquement non viable.
À l’inverse, l’Égypte a réussi à conserver sa position de premier fournisseur en 2024, grâce à une compétitivité supérieure. Les décisions finales sont attendues dans les prochains mois, mais le signal envoyé est clair. L’Algérie encaisse un choc sévère sur l’un de ses marchés extérieurs clés, tandis que les États-Unis redessinent durablement leur stratégie d’importation.
La rédaction / LEMED24



Comments
0No comments yet.