Les médias algériens officiels se sont retrouvés dans une situation embarrassante avec le lancement de la Coupe d’Afrique des nations organisée au Maroc, du 21 décembre au 18 janvier 2026, notamment en raison de la participation de la sélection algérienne à une compétition accueillie par un pays que le discours médiatique officiel algérien tente, depuis des années, d’effacer symboliquement de son vocabulaire.

Ce malaise est apparu clairement dans les journaux télévisés et les couvertures sportives de plusieurs médias publics algériens, qui ont multiplié les contorsions pour éviter de citer le nom du Maroc, se contentant de mentionner uniquement les villes hôtes. Une attitude perçue par de nombreux observateurs comme le prolongement direct d’une ligne politique imposée, au détriment de la rigueur journalistique.

Dans plusieurs reportages consacrés à l’arrivée des sélections africaines, les médias officiels algériens ont évoqué Rabat, Marrakech ou Tanger sans jamais préciser le pays organisateur, donnant lieu à une information tronquée et dépourvue de contexte. Le comble de l’absurde a été atteint lorsque l’arrivée de la sélection algérienne à Rabat a été annoncée sans mentionner qu’il s’agit de la capitale du Maroc, illustrant l’ampleur du malaise médiatique face à un événement continental organisé sur le sol marocain.

Parallèlement, certains organes proches du régime algérien ont tenté de minimiser les préparatifs marocains, évoquant une ambiance prétendument ordinaire et un dispositif comparable aux éditions précédentes, dans une tentative manifeste de dévaloriser l’organisation et les infrastructures mises en place.

Ce discours s’est toutefois rapidement heurté à la réalité du terrain. Sur les réseaux sociaux, des influenceurs et citoyens algériens présents au Maroc pour suivre la CAN ou accompagner leur équipe nationale ont diffusé une image radicalement différente, à travers des vidéos et témoignages directs depuis les villes marocaines.

Ils ont décrit un accueil chaleureux, une hospitalité remarquable et des infrastructures modernes, soulignant que ce qu’ils ont constaté sur place contredit frontalement le récit relayé par les médias officiels algériens. Leurs contenus, largement partagés sur TikTok, Instagram, Facebook et YouTube, ont suscité un large débat en Algérie et au-delà sur la crédibilité du discours médiatique officiel.

Ce décalage entre la narration institutionnelle et la réalité vécue par des citoyens algériens au Maroc a placé les médias publics algériens face à une véritable remise en question, à l’heure où l’information ne peut plus être contrôlée ni filtrée comme par le passé. Pour de nombreux observateurs, la CAN au Maroc n’a pas seulement été un test organisationnel et sportif, mais aussi une démonstration des limites d’un discours médiatique idéologisé confronté à des faits visibles et vérifiables à l’ère du numérique.

Il convient de rappeler que la sélection algérienne dispute ses matchs à Rabat, au stade Moulay Hassan, un stade longtemps critiqué par certains médias algériens comme symbole supposé de l’impréparation marocaine. Sa livraison dans des délais records et sa pleine opérationnalité avant le coup d’envoi de la compétition ont pourtant réduit à néant ces accusations.