Les Nations unies ont averti que les nouveaux projets israéliens visant à renforcer le contrôle sur la Cisjordanie occupée constituent une étape dangereuse vers une annexion illégale, dans un contexte d’accélération des mesures susceptibles de modifier la réalité démographique et politique sur le terrain. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a souligné que ces politiques, si elles sont mises en œuvre, accéléreront la privation des droits fondamentaux des Palestiniens et leur déplacement forcé, tout en favorisant l’expansion de colonies considérées comme illégales au regard du droit international.

Türk a expliqué que les décisions prises par le cabinet de sécurité israélien s’inscrivent dans une série continue de mesures visant à intégrer de facto la Cisjordanie à Israël. Ces actions incluent l’autorisation pour des Israéliens d’acheter directement des terres et l’extension du contrôle israélien à des zones administrées par l’Autorité palestinienne, ce qui compromet la possibilité d’un État palestinien viable.
Le communiqué onusien précise que ces projets ne se limitent pas à l’expansion des colonies, mais entraînent également des restrictions accrues sur l’accès des Palestiniens à leurs ressources naturelles et sur leur liberté de mouvement, dans un contexte marqué par une hausse des violences de colons, des démolitions et des expulsions forcées. Selon Türk, ces pratiques violent les obligations d’Israël en tant que puissance occupante, et il a appelé à l’annulation de ces décisions qui portent atteinte au droit du peuple palestinien à l’autodétermination.

Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967. Plus de 500 000 colons israéliens y vivent aux côtés d’environ trois millions de Palestiniens. Des observateurs estiment que toute annexion unilatérale compliquerait davantage la situation politique et accroîtrait les tensions régionales.
Sur le plan politique, le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé les États-Unis et la communauté internationale à adopter une position ferme face à ces mesures. Lors d’une conférence de presse, il a affirmé que les actions israéliennes constituent une violation flagrante du droit international et entravent les efforts diplomatiques. Il a également évoqué ses discussions avec des responsables européens concernant la violence des colons et des questions financières liées à l’aide destinée aux Palestiniens.

Dans le même temps, l’Union européenne et plusieurs pays, dont l’Allemagne, ont exprimé leur inquiétude face à ce qu’ils qualifient d’annexion de facto de la Cisjordanie. Cette montée des réactions internationales coïncide avec la visite du Premier ministre israélien à Washington, où la question de la Cisjordanie devrait occuper une place centrale, alors que l’administration américaine a réaffirmé son opposition à toute annexion.
Des analystes estiment que la période à venir pourrait être marquée par une pression diplomatique accrue, les avertissements se multipliant sur le fait que la poursuite de ces politiques compromet les perspectives d’une solution politique et aggrave la crise humanitaire et des droits humains dans les territoires palestiniens.