La crise de la mentalité avant la crise économique
La diffusion d’une séquence vidéo montrant un ancien entraîneur étranger de l’équipe nationale algérienne a ravivé un débat ancien mais toujours actuel sur la nature profonde de la crise algérienne. Une crise qui ne concerne ni le football, ni les résultats, ni même les compétences individuelles, mais quelque chose de bien plus grave et plus enraciné: la mentalité. S’exprimant sans détour sur une chaîne française connue, l’entraîneur n’a ni attaqué les joueurs ni remis en cause leur niveau, mais a surpris l’opinion publique en qualifiant son expérience en Algérie de « mauvaise », en raison des mentalités dominantes, affirmant que le problème n’était pas technique mais culturel et comportemental.
Un témoignage venu de l’intérieur, pas d’un adversaire politique
Cette déclaration ne provient ni d’un opposant politique ni d’un ennemi du régime, mais d’un professionnel ayant vécu une expérience directe, certes brève, au sein du système sportif algérien. Il en est sorti avec une conclusion claire: il est impossible de changer un environnement qui refuse de reconnaître ses erreurs, qui n’écoute pas et qui s’enferme dans l’entêtement, même lorsqu’il sait qu’il a tort. L’entraîneur a comparé cette expérience à celles qu’il a ensuite vécues au Cameroun et en Afrique du Sud, expliquant avoir retrouvé là-bas la confiance dans la logique, le travail collectif et des environnements capables d’écouter, de comprendre et d’apprendre.
Le déni et la glorification de l’échec
Les propos de cet entraîneur reflètent une réalité quotidienne vécue par des millions d’Algériens. La crise algérienne n’est pas récente, elle résulte d’un long cumul culturel fondé sur le déni, la glorification de l’échec et la peur d’admettre l’ignorance. En Algérie, beaucoup savent qu’ils mentent, savent qu’ils se trompent, mais persistent malgré tout, simplement pour éviter de dire « je ne sais pas » ou « je me suis trompé ». Cette mentalité n’a produit que la paralysie, dans l’administration, dans l’économie, dans la politique et jusque dans les relations sociales.
2026 n’est pas une exagération mais un avertissement
Dans ce contexte, évoquer l’année 2026 ne relève ni de l’alarmisme ni d’un appel à la fuite, mais d’un avertissement rationnel. Tous les indicateurs économiques annoncent un effondrement imminent: chute continue du dinar, érosion du pouvoir d’achat, absence d’investissement réel et disparition de toute perspective. Le système en place, gouverné par une logique de clan et de sécurité plutôt que par la planification et la vision, a conduit le pays au bord de l’explosion sociale. Cet effondrement ne nécessitera ni révolution ni renversement du régime, car il est le produit naturel de politiques défaillantes et d’une corruption généralisée.
Une trajectoire d’effondrement, pas une crise passagère
Il serait donc naïf de considérer 2026 comme une simple date symbolique ou comme un discours alarmiste relayé par ceux que la propagande officielle qualifie de « pessimistes ». Ce que vit l’Algérie aujourd’hui n’est pas une crise conjoncturelle réparable par des ajustements, mais une trajectoire d’effondrement clairement identifiable, alimentée par des décisions improvisées et des politiques visant à gagner du temps plutôt qu’à construire l’avenir. L’État ne produit plus de richesse, il consomme les restes et tente de masquer ses déficits par un discours populiste et des slogans creux sur la souveraineté.
L’effondrement du dinar et de la confiance
La dépréciation du dinar n’est pas qu’un chiffre économique, elle traduit surtout l’effondrement de la confiance. Confiance dans la monnaie, dans les institutions et dans l’avenir. Lorsque le citoyen perd confiance dans sa monnaie, il perd aussi son sentiment de sécurité et commence à chercher une issue ailleurs, quel qu’en soit le prix. C’est ce qui explique l’obsession collective pour l’émigration, non comme un rêve, mais comme une stratégie de survie. Le pouvoir en est conscient, mais préfère diaboliser le phénomène plutôt que d’en traiter les causes, faute de capacité réelle à le faire.
Une économie sans fondations
Le pouvoir d’achat s’effondre parce que l’économie elle-même repose sur des bases fragiles. Pas de production réelle, pas d’industrie solide, pas d’agriculture stratégique, seulement une importation déguisée et une rente redistribuée de manière sélective pour acheter temporairement la paix sociale. Ce modèle est voué à l’échec. L’histoire économique montre que lorsque la rente s’épuise, les masques tombent, et il ne reste alors que la colère.
Une crise mentale avant d’être économique
La crise la plus grave n’est pas économique, mais mentale. Une mentalité sécuritaire qui considère toute critique comme une menace, toute initiative indépendante comme un complot et toute compétence comme un danger potentiel. Avec une telle vision, il est impossible de bâtir un État, de sauver une économie ou même de retarder l’explosion. La répression ne crée pas la stabilité, elle ne fait que stocker la colère et repousser l’inévitable vers un moment plus violent.
La rédaction / LEMED24



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