Au milieu du vacarme officiel et de la propagande orientée, le régime algérien a lancé ce qu’il a appelé la « prime touristique » d’un montant de 750 euros, la présentant à l’opinion publique comme un acquis historique et un privilège inédit. Mais une fois le vernis promotionnel retiré, sa réalité choquante est apparue au grand jour : une mesure humiliante, limitée et politisée, qui traduit un profond mépris pour le citoyen algérien et confirme une fois de plus que le pouvoir ne voit dans le peuple qu’un simple chiffre à utiliser en cas de besoin.

Une comparaison accablante qui dévoile la vérité

Dès que l’on compare cette prime de 750 euros à ce que les pays voisins accordent à leurs citoyens, le scandale apparaît dans toute son ampleur. Au Maroc, le plafond atteint jusqu’à 10 000 euros par an. En Tunisie, il avoisine les 4 000 euros. En Mauritanie, il s’élève à 7 500 euros. Même en Libye, pourtant plongée dans une guerre ouverte, les citoyens peuvent disposer de montants allant jusqu’à 10 000 euros. Seule l’Algérie ferme la marche, malgré les immenses richesses dont regorge le pays.

Ces chiffres ne sont pas de simples données techniques. Ils reflètent des politiques économiques qui dévaluent la monnaie, humilient le citoyen, puis exigent de lui le silence et les applaudissements.

Un dinar affaibli et un peuple épuisé

La situation la plus douloureuse est que l’Algérie est presque le seul pays où le citoyen est sanctionné s’il tente d’accéder à une devise étrangère. Le dinar algérien a été volontairement affaibli, poussant les citoyens vers le marché noir pour compenser l’écart, transformant ainsi la « prime » en une occasion limitée de gain précaire, au lieu d’un droit naturel au voyage et à la dépense.

Des familles entières se voient contraintes de réduire la durée de leurs voyages, de transporter leur nourriture depuis chez elles, voire de renoncer complètement au déplacement, car 750 euros ne suffisent même pas pour quelques jours. En parallèle, le citoyen est poussé vers des circuits illégaux, où la corruption et les passe-droits aux frontières deviennent la norme, comme si la corruption faisait désormais partie intégrante du système.

La politisation de la prime et l’instrumentalisation du sport

Plus grave encore que le montant dérisoire, le timing de la décision et ses arrière-pensées politiques. L’annonce de cette « prime » a coïncidé avec des événements sportifs régionaux, dans une tentative évidente d’orienter les déplacements des supporters et d’empêcher leur voyage vers certaines destinations, notamment le Maroc. La prime s’est ainsi transformée d’une mesure économique en un outil politique bas de gamme, utilisé pour contrôler les citoyens jusque dans leur passion sportive.

Des banques respectées face à un pouvoir humiliant

Dans les pays qui se respectent, il suffit au citoyen de disposer d’un compte bancaire pour exercer son droit de change, sans humiliation ni justificatifs abusifs. Pas de certificats de travail, pas de fiches de salaire, pas d’enquêtes absurdes. En Algérie, en revanche, le citoyen est sommé de constituer un dossier complet pour prouver qu’il « mérite » 750 euros, comme s’il s’agissait d’une aumône et non d’un droit.

Une propagande creuse face à une réalité amère

Le chef du régime tente de vendre cette décision comme une « avancée » par rapport aux années précédentes, lorsque le plafond ne dépassait pas 80 ou 90 euros. Mais cet argument ne résiste à aucune analyse rationnelle. Relever un plafond humiliant ne constitue pas un exploit. Cela ne fait que révéler la profondeur de la crise et confirmer que le pouvoir continue de raisonner en termes de contrôle plutôt que de droits.

Enfin, L’affaire des 750 euros n’est pas un simple chiffre isolé, mais le symbole d’une politique globale fondée sur la dévaluation de la monnaie, l’appauvrissement du citoyen, puis l’exigence de gratitude. C’est l’histoire d’un régime qui craint son peuple, le restreint économiquement et utilise de maigres avantages comme instruments de domination.

L’Algérie n’a pas besoin de « primes » de façade, mais d’un État qui respecte ses citoyens, redonne de la valeur à sa monnaie et garantit les droits sans humiliation. Tant que cela ne sera pas le cas, les 750 euros resteront le symbole d’une nudité politique et économique impossible à dissimuler.

La rédaction / LEMED24

Regardez la vidéo :
l’intervention du journaliste Hicham Abboud sur ce sujet.