Youcef Bouazza, figure marquante du Hirak populaire pacifique, se retrouve aujourd’hui derrière les barreaux, condamné à sept ans de prison ferme, alors que son engagement n’a jamais dépassé le cadre de l’expression pacifique et de la participation citoyenne. Connu pour حضوره الميداني dans les marches du Hirak puis pour ses prises de parole sur Facebook, il exprimait ses opinions et ses critiques sans jamais appeler à la violence. Symbole d’une jeunesse aspirant au changement démocratique, il a payé cher ses convictions en se retrouvant dans une cellule plutôt qu’au cœur de l’espace public.
Les faits remontent au 23 février 2023, date de son interpellation après la perquisition du domicile familial à Oran. Il est ensuite placé en détention provisoire le 1er mars. Durant plus de vingt-sept mois, Bouazza reste incarcéré dans l’attente de son jugement avant que le verdict ne tombe, le 7 juillet 2025, émanant de la Cour criminelle de première instance près de la Cour de justice d’Oran, sur la base de l’article 87 bis du Code pénal.
Malgré la nature strictement pacifique de son activité, Youcef se voit attribuer une série d’accusations lourdes, telles que l’appartenance à un groupe terroriste, l’apologie d’actes terroristes, l’atteinte à l’unité nationale, la diffusion de publications susceptibles de troubler l’ordre public ainsi que l’outrage à un corps constitué. Ces accusations reposent essentiellement sur sa participation au Hirak et sur des publications critiques sur Facebook, ce qui soulève de vives interrogations quant à l’utilisation de la loi pour cibler des voix dissidentes non violentes.
Le cas de Youcef Bouazza ne constitue pas une exception. Il s’inscrit dans un contexte plus large de pressions croissantes visant des militants pacifiques en raison de leurs opinions ou de leur présence dans le débat public. Avec la multiplication des poursuites liées à des publications en ligne, la peur s’installe, la censure intérieure s’accentue et l’espace civique se rétrécit, affaiblissant ainsi le rôle essentiel de la société civile et les possibilités d’une participation citoyenne libre.
La poursuite et l’incarcération d’opinions critiques pacifiques fragilisent la confiance entre citoyens et institutions, transformant la liberté d’expression en un droit restreint et menacé. Youcef n’a porté que ses idées et n’a exercé que son droit fondamental à s’exprimer. Une idée libre ne devrait jamais devenir un crime.
Dans le cadre de la campagne Chouaa « Libérez les voix de la liberté », l’appel est renouvelé pour protéger les militants civils et garantir leur droit à l’organisation, à la participation et à la reddition des comptes. Défendre la liberté de Youcef Bouazza revient à défendre le droit de la société à un espace civique indépendant, actif et à l’abri de la peur.



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