Le comportement attribué au ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf lors d’une récente réunion, ainsi que les attitudes qui ont suivi, ont relancé le débat sur l’avenir des relations entre l’Algérie et le Maroc et sur la volonté du système algérien de revoir son approche politique concernant le dossier du Sahara. Au-delà des communiqués officiels et du langage diplomatique habituel, de nombreux observateurs estiment que les signaux non verbaux et les comportements en coulisses reflètent souvent la réalité des positions bien plus que les déclarations formelles.
Selon des journalistes présents à la réunion, l’atmosphère ne laissait présager aucun véritable dégel. Il est question d’un évitement clair du contact direct avec la délégation marocaine et d’une prudence excessive dans les échanges, interprétés comme la continuité d’une ligne politique qui refuse tout geste susceptible d’être perçu en interne comme une concession. Cette sensibilité serait liée au discours interne algérien qui a longtemps présenté le conflit comme une cause de principe difficilement révisable, rendant tout changement assimilable à un recul politique.
À l’intérieur du pays, les médias officiels maintiennent une narration constante autour du dossier de Tindouf, en soulignant des scénarios suggérant que toute solution en dehors de la ligne traditionnelle représenterait une perte. Selon plusieurs analystes, ce discours limite la marge de manœuvre diplomatique, car reconnaître une nouvelle réalité politique nécessite de préparer une opinion publique façonnée pendant des années par une vision unique du conflit.
Certains observateurs rappellent que la rivalité algéro-marocaine, malgré son intensité, ne repose pas sur un conflit direct entre les peuples, mais sur des calculs politiques et régionaux. L’histoire de la région témoigne de longues périodes de coopération et d’interdépendance sociale et économique, ce qui fait de la rupture actuelle un choix politique plutôt qu’une fatalité géographique ou culturelle. Dans cette optique, toute résolution future exigera un discours renouvelé fondé sur les intérêts communs plutôt que sur la confrontation permanente.
Des rapports médiatiques étrangers indiquent également que certains moments de la réunion ont révélé une certaine hésitation dans la gestion des échanges, notamment lors de discussions autour de termes sensibles liés à l’autodétermination. Cette retenue refléterait la difficulté d’équilibrer les pressions internationales avec les impératifs du discours interne. Le pouvoir algérien se retrouverait ainsi face à une équation complexe : préserver une image de fermeté à l’intérieur tout en évitant l’isolement ou l’escalade à l’extérieur.
En définitive, le message principal de cette séquence reste celui d’un blocage persistant. Le manque de confiance, la continuité d’un langage de défi et la réduction de l’espace politique pour des initiatives nouvelles indiquent qu’un changement majeur dans les relations algéro-marocaines demeure peu probable sans transformation profonde dans la gestion de ce dossier. Le Maghreb, confronté à des défis économiques et sécuritaires communs, semble avoir besoin d’une approche plus pragmatique fondée sur le réalisme politique plutôt que sur la perpétuation du conflit.
La rédaction / LEMED24
Regardez la vidéo :
l’intervention du journaliste Hichem ABOUD sur ce sujet.



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