Dans une sortie médiatique remarquée, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a dévoilé des détails troublants sur sa détention ayant duré près d’un an, lors d’un entretien accordé à la chaîne TV5 Monde, où il a vivement critiqué les autorités algériennes, les accusant d’instrumentaliser la justice à des fins politiques pour faire taire les voix dissidentes.
Sansal a affirmé que la procédure judiciaire engagée contre lui relevait d’un règlement de comptes politique, dépourvu des garanties d’un procès équitable. Il a expliqué qu’au cours de son incarcération, plusieurs tentatives de médiation ont été évoquées, notamment une possible intervention allemande et l’éventualité d’une grâce présidentielle, qu’il a catégoriquement refusées.
L’écrivain a révélé avoir adressé une lettre directe au président Abdelmadjid Tebboune pour rejeter toute grâce, considérant qu’y consentir reviendrait à admettre implicitement des accusations qu’il juge infondées. Il a également saisi le ministère des Affaires étrangères et l’administration pénitentiaire pour réaffirmer sa position.
Il a insisté sur son souhait d’un nouveau procès public et transparent, en présence d’observateurs internationaux, afin de contester la peine de cinq ans de prison ferme assortie d’une amende, qu’il considère illégitime, notamment en raison des restrictions qui ont entravé sa communication avec sa défense.
Bien qu’il ait initialement refusé toute grâce, Sansal a reconnu avoir finalement accepté la grâce présidentielle ayant conduit à sa libération en novembre 2025, sous la pression de sa famille inquiète pour son état de santé. Il a toutefois précisé que cette décision ne signifie pas la clôture du dossier, affirmant sa volonté de poursuivre les démarches judiciaires pour obtenir sa réhabilitation.
Dans un ton particulièrement critique, Sansal a directement mis en cause le président Tebboune, l’accusant d’ingérence dans le pouvoir judiciaire et d’avoir influencé sa condamnation, évoquant des déclarations antérieures où il avait été qualifié de “fraudeur”, y voyant la preuve du caractère politique et personnel de l’affaire.
Cette affaire trouve son origine dans des déclarations faites en 2024, dans lesquelles Sansal évoquait l’héritage des frontières coloniales, affirmant que l’Algérie aurait hérité de territoires marocains durant la période française, des propos qui ont suscité une vive réaction officielle et conduit à des poursuites pour “atteinte à l’unité nationale”, transformant l’affaire en symbole des restrictions des libertés publiques en Algérie.



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