Le président du parti Les Républicains, Bruno Retailleau, a de nouveau provoqué une vive polémique entre Paris et Alger après des déclarations virulentes dans lesquelles il a qualifié le régime algérien de « dictatorial et corrompu », estimant que la relation avec lui « restera toxique ». Ces propos interviennent dans un contexte politique sensible marqué par des tentatives de réchauffement diplomatique entre les deux capitales.
Invité de l’émission « La Grande Interview » diffusée sur Europe 1 et CNEWS, Retailleau a affirmé que tout rapprochement avec le régime algérien demeurerait fragile, accusant Alger d’utiliser la France comme bouc émissaire pour ses échecs internes. Selon lui, les autorités algériennes exploitent la relation bilatérale à des fins de politique intérieure.

Se préparant aux prochaines échéances présidentielles, l’ancien ministre de l’Intérieur a défendu sa ligne ferme à l’égard d’Alger, estimant qu’il aurait été inacceptable de fermer les yeux sur certaines pratiques. Il a évoqué une tentative d’atteinte visant un opposant algérien sur le sol français, soulignant qu’ignorer de tels faits aurait constitué une atteinte à la souveraineté française.
Retailleau a également rappelé les affaires impliquant l’écrivain Boualem Sansal ainsi que Christophe Gleizes, affirmant que le silence n’était pas une option. Il a par ailleurs appelé à une révision des accords de 1968 encadrant le statut des Algériens en France, les jugeant très favorables à l’Algérie, et a plaidé pour un lien entre l’octroi des visas et l’exécution effective des obligations de quitter le territoire français.

Ces déclarations surviennent alors que Paris et Alger tentent de rouvrir les canaux de dialogue après près de deux ans de crise diplomatique, marquée par des tensions politiques et médiatiques répétées. Certaines voix en Algérie estiment que ces prises de position visent à entraver le rapprochement.
La récente visite du ministre français de l’Intérieur en Algérie, ponctuée par une rencontre avec le président Abdelmadjid Tebboune et l’annonce de la réactivation d’un mécanisme de coopération sécuritaire de haut niveau, avait pourtant été perçue comme un signal d’apaisement.

La crise trouve notamment son origine dans l’annonce, en juillet 2024, du soutien officiel de la France à la souveraineté du Maroc sur le Sahara, décision qui avait conduit Alger à rappeler son ambassadeur et à ouvrir une période de fortes tensions.
Alors que le dossier du Sahara connaît une dynamique accélérée sous médiation américaine et bénéficie d’un soutien croissant au plan d’autonomie marocain, l’Algérie semble confrontée à une équation diplomatique complexe. Malgré les tentatives d’apaisement, les déclarations de figures politiques influentes comme Retailleau témoignent de la persistance de divergences profondes en France sur l’avenir des relations avec Alger.