Le dossier du Sahara a connu une évolution qualifiée d’historique par de nombreux observateurs, après la réunion, pour la première fois, des parties concernées par le conflit dans les provinces du Sud du Maroc. Cet événement ne relève pas d’un simple fait diplomatique. Il porte une forte charge politique et médiatique, car il rompt avec des décennies de gestion figée de ce dossier sensible. Pourtant, ce qui a le plus retenu l’attention n’est pas uniquement la nature de la rencontre, mais aussi le silence presque total des médias algériens à son sujet.
Alors que des médias internationaux et régionaux ont largement couvert ce développement à travers analyses et reportages, les institutions médiatiques algériennes ont choisi de l’ignorer ou de le reléguer au second plan. Cette absence de couverture soulève des interrogations sur les limites réelles de la liberté de la presse et de l’expression en Algérie, en particulier lorsque les sujets touchent à la politique étrangère ou à la ligne officielle de l’État.
L’événement lui-même possède une forte portée symbolique. Il suggère un changement dans la manière d’aborder le conflit et laisse entrevoir de nouvelles possibilités de dialogue. Toutefois, le manque de débat médiatique en Algérie autour de ces évolutions prive l’opinion publique d’une vision complète et équilibrée. Dans tout système qui se veut transparent, la presse est censée exposer les faits et les analyser, et non sélectionner l’information selon des considérations politiques.
Les critiques de ce silence y voient l’existence de lignes rouges empêchant d’aborder certains dossiers, notamment celui du Sahara. Selon eux, ignorer un événement de cette ampleur ne peut être expliqué par de simples choix éditoriaux, mais reflète plutôt la relation étroite entre les médias et le pouvoir, où le champ du débat est limité pour préserver un discours déterminé.
D’autres estiment que la couverture médiatique de dossiers sensibles dépend souvent de calculs politiques et sécuritaires, plusieurs États privilégiant une gestion prudente de l’information. Néanmoins, une question demeure: peut-on parler de presse libre sans permettre un débat ouvert sur des événements majeurs qui concernent directement l’opinion publique?
Les développements liés au dossier du Sahara, qu’ils soient soutenus ou contestés, font partie d’une réalité politique qu’il est difficile d’écarter du débat médiatique. Le silence n’efface pas l’événement. Il pousse plutôt le public à chercher l’information ailleurs, ce qui fragilise la confiance envers les médias nationaux.
Au final, cette situation met en évidence une problématique plus large concernant le rôle de la presse dans la région: doit-elle être le reflet fidèle de la réalité dans toute sa complexité, ou un relais sélectif de ce qui est autorisé à être diffusé? La réponse dépendra de la capacité des institutions médiatiques à élargir leur marge de manœuvre et à placer le droit du public à l’information au cœur de leurs priorités.
La rédaction / LEMED24
Regardez la vidéo :
l’intervention du journaliste Hichem ABOUD sur ce sujet.



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