Des informations diplomatiques évoquent la préparation d’une rencontre de négociation sans précédent entre le Maroc et l’Algérie au sujet du Sahara, prévue dimanche au siège de l’ambassade américaine à Madrid, en présence des parties concernées et du représentant de l’ONU. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de dynamique diplomatique accélérée menée par Washington pour relancer le processus politique, avec un accent particulier sur l’initiative marocaine d’autonomie sous souveraineté nationale.
Selon un média espagnol citant des sources diplomatiques, la réunion devrait rassembler des représentants de haut niveau du Maroc, de l’Algérie et de la Mauritanie, ainsi que du Front Polisario, dans un format de négociation directe qualifié de sensible. Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, conduirait la délégation de son pays, tandis que son homologue algérien Ahmed Attaf dirigerait la délégation algérienne. La Mauritanie serait représentée par son chef de la diplomatie Mohamed Salem Ould Merzoug, alors que la délégation du Polisario serait menée par Mohamed Yeslem Beissat.
Les mêmes sources indiquent que le caractère confidentiel de la réunion répondrait à une demande de responsables américains chargés du dossier régional, afin de garantir un climat de discussion à l’abri des pressions politiques et médiatiques. La participation de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Staffan de Mistura, souligne la volonté d’articuler l’initiative américaine avec le cadre onusien.
Le Maroc devrait présenter une version actualisée de son plan d’autonomie, détaillée dans un document d’environ quarante pages, marquant une évolution notable par rapport au texte soumis à l’ONU en 2007. Cette proposition s’appuierait, selon ces informations, sur de récentes résolutions onusiennes appelant à une solution politique réaliste et mutuellement acceptable.
Le choix de Madrid comme lieu de rencontre résulterait d’une décision diplomatique américaine pour des raisons pratiques, sans implication directe du ministère espagnol des Affaires étrangères dans la préparation. L’occasion permettrait toutefois des échanges bilatéraux entre responsables espagnols et certaines délégations.
Cette initiative intervient après plusieurs contacts et visites diplomatiques entre Washington et Alger au cours des dernières semaines, consacrés à l’avenir du processus politique. Elle reflète une tentative américaine de pousser les parties vers une approche pragmatique des négociations, avec l’initiative d’autonomie comme axe central.
Même en l’absence de confirmations officielles complètes, la perspective de discussions directes constitue déjà un signal politique notable dans un dossier marqué par de longues périodes de blocage. Si elle se concrétise, cette dynamique traduirait une orientation internationale croissante vers la recherche d’un règlement politique viable, dans un contexte régional et international complexe.
La rédaction / LEMED24



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