Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, les relations transatlantiques traversent une phase de turbulence sans précédent. Les Européens se retrouvent confrontés à un président américain qui les traite avec froideur et remet ouvertement en cause les fondements d’une alliance ayant garanti, pendant des décennies, la sécurité du continent. Ce qui était autrefois perçu comme un pilier protecteur est désormais vu comme une source d’inquiétude majeure.

En à peine un an de son nouveau mandat, Trump a bouleversé l’équilibre entre les deux rives de l’Atlantique par une série de décisions et de déclarations chocs, dont la plus marquante reste son intention affichée de s’emparer du Groenland, territoire autonome relevant du Danemark. Cette posture s’inscrit dans une logique plus large de pressions politiques et économiques exercées sur les capitales européennes.

La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, résume le sentiment dominant en affirmant que les Européens se réveillent chaque jour en se demandant si ce qu’ils voient est réel. Face à cette situation, les dirigeants européens ont majoritairement opté pour une stratégie d’endurance, à l’exception du secteur technologique, où l’Union européenne a infligé de lourdes amendes à des groupes américains, provoquant la colère de la Maison Blanche.

L’année écoulée a été marquée par des épisodes perçus comme humiliants, allant des critiques du vice président américain JD Vance au forum de Munich, à l’accueil réservé par Trump au président russe Vladimir Poutine en Alaska, sans oublier la stratégie de sécurité nationale américaine évoquant un déclin de la civilisation européenne. À cela s’ajoutent les droits de douane imposés par Washington.

Malgré tout, les Européens justifient leur retenue par la nécessité d’éviter une rupture totale avec les États Unis. Ils mettent en avant quelques avancées, notamment leur implication dans le dossier ukrainien et les visites répétées de dirigeants européens à la Maison Blanche.

Cependant, l’inquiétude grandit à l’idée que Trump restera encore trois ans au pouvoir. La Première ministre danoise Mette Frederiksen estime que le plus difficile reste à venir, notamment en raison des ambitions américaines sur le Groenland. Son gouvernement surveille même en continu les prises de parole du président américain sur les réseaux sociaux.

La question demeure centrale: jusqu’où Trump peut il aller avant de franchir la ligne rouge? Et surtout, comment l’Europe doit elle réagir? Entre la suspension d’accords commerciaux, de nouvelles sanctions et l’éventuel recours à l’instrument anti coercition adopté en 2023, les options existent mais restent entravées par la peur de froisser un partenaire historique.

Selon la chercheuse Tara Varma, l’Europe dispose de nombreux leviers, mais elle a choisi jusqu’à présent de ne pas les activer. Une stratégie qui pourrait se révéler coûteuse si Washington décidait d’imposer durablement une relation fondée sur le rapport de force.

La rédaction / LEMED24