Le Mexique a replongé dans une spirale de violence après l’annonce de la mort de Nemesio Oseguera Cervantes, alias El Mencho, chef du cartel Jalisco Nueva Generación, abattu lors d’une opération menée par des unités d’élite de l’armée. Présentée comme un coup majeur porté à l’un des narcotrafiquants les plus recherchés au monde, l’intervention a déclenché une vague de représailles d’une ampleur inédite.

Dans l’État de Jalisco, bastion historique du cartel, des hommes armés ont bloqué des axes routiers stratégiques, incendié des bus et des camions et semé la panique dans plusieurs villes. Des affrontements sporadiques ont également été signalés dans d’autres États, élargissant la zone d’instabilité et paralysant les transports terrestres. La stratégie semble claire : désorganiser les forces de sécurité et empêcher l’arrivée de renforts militaires.

L’aéroport international de Guadalajara s’est retrouvé au cœur des tensions. Des tirs ont visé le périmètre de sécurité, provoquant l’annulation immédiate de vols nationaux et internationaux. Des passagers se sont réfugiés au sol pour échapper aux balles perdues, tandis que plusieurs compagnies aériennes ont suspendu leurs liaisons vers Puerto Vallarta, station balnéaire où d’épaisses colonnes de fumée ont été observées après des incendies criminels.

Face à l’embrasement, le gouvernement a décrété l’alerte maximale et déployé des milliers de soldats dans les rues de Jalisco. Les autorités ont activé le niveau d’alerte rouge et appelé la population ainsi que les touristes à rester confinés jusqu’à nouvel ordre.

La présidente Claudia Sheinbaum a reconnu les violences tout en affirmant que la situation restait sous contrôle dans la majorité du pays. De son côté, Washington a exprimé son inquiétude face à l’escalade, redoutant des répercussions sécuritaires régionales.

Selon des sources sécuritaires, les attaques constituent une réponse directe à la mort d’El Mencho. Toutefois, les observateurs craignent également l’ouverture d’une lutte interne pour le contrôle du cartel, susceptible d’aggraver encore la situation. La tactique de la terre brûlée adoptée par les cellules armées viserait à gagner du temps, à protéger les chefs intermédiaires et à compliquer les opérations des forces spéciales.

Cette nouvelle flambée de violence rappelle la complexité du défi sécuritaire mexicain. Depuis plus de vingt ans, les offensives successives contre les cartels ont souvent entraîné leur fragmentation en groupes plus imprévisibles et plus agressifs. Si la neutralisation d’un chef emblématique marque un tournant symbolique, elle pourrait aussi ouvrir une phase de recomposition violente du paysage criminel.

Le Mexique se retrouve ainsi à un moment charnière, partagé entre la volonté d’affirmer l’autorité de l’État et le risque d’une escalade durable, dans un pays déjà éprouvé par des décennies de guerre contre le narcotrafic.