Dans une Algérie où l’on emprisonne les mots plus vite que les criminels, le journaliste Abdelwakil Blam a été jeté derrière les barreaux pour un simple post sur Facebook. Ce n’est plus la justice qui parle : c’est la peur. Une peur panique de voir la vérité franchir les murs que le régime dresse autour de la liberté.
Le journaliste Abdelouakil Balam n’a pas été arrêté pour ce qu’il a fait, mais pour ce qu’il représente : une voix libre dans un pays où la vérité est devenue un délit.
Le 5 janvier 2025, il est jeté en détention provisoire comme un criminel dangereux. Son “crime” ? Avoir écrit, pensé, et refusé de se taire. On lui colle alors un arsenal d’accusations taillées pour terroriser : participation à une organisation terroriste (art. 87 bis), diffusion de “fausses informations” (art. 196 bis), atteinte à l’unité nationale (art. 79).
En réalité, tout repose sur des publications Facebook et des contacts supposés avec des opposants à l’étranger. Autrement dit : des mots, des idées, un journalisme élémentaire. Mais dans cette Algérie verrouillée, cela suffit pour faire basculer une plume dans la catégorie des “ennemis de l’État”.
La machine s’est mise en marche bien avant son incarcération : • 23 décembre 2024 — première arrestation, téléphone saisi, puis libération sous surveillance. • 29 décembre — deuxième arrestation, garde à vue prolongée. • 5 janvier — mandat de dépôt et silence imposé.
Un harcèlement méthodique, calibré, visant à briser celui qui refuse de plier.
Ce scénario n’a rien d’exceptionnel : c’est le mode opératoire officiel. On arrête d’abord, on accuse ensuite, et l’on cherche dans la loi ce qui pourrait justifier la punition. La presse indépendante étouffe, l’espace numérique est sous occupation policière, et toute voix dissidente devient suspecte par nature.
Le dossier Abdelwakil Blam est le thermomètre du mal qui ronge la liberté en Algérie : plus la peur du pouvoir grandit, plus la liberté de la presse se réduit. Plus la vérité s’approche de l’État, plus l’État s’éloigne du droit.
Ce journaliste n’est ni le premier ni le dernier. Il rejoint la longue liste de confrères traqués pour avoir fait leur métier : informer, alerter, dénoncer les mensonges et les prédations. Ici, on incarcère les journalistes pour empêcher la société de comprendre contre quoi elle doit se défendre : la corruption, la manipulation, la confiscation totale de la parole publique.
À travers la campagne «Libérez les voix libres », qu’organise l’ONG Shooa, nous rappelons une vérité simple, mais que le régime s’acharne à nier : Le journalisme n’est pas un crime. Le crime, c’est de vouloir l’éradiquer.
Tant que des voix comme celle d’Abdelwakil Blam refuseront de mourir, la liberté ne sera jamais totalement enterrée. Et l’histoire retiendra qui a éteint la lumière et qui a continué́ de la porter.



Comments
0No comments yet.