Le projet américain de création d’un « Conseil de la paix » a suscité une vive controverse sur la scène internationale, notamment en Europe. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a estimé que l’approche du président américain Donald Trump, consistant à imposer unilatéralement des règles de conduite au niveau mondial, constitue un choc pour l’Europe et révèle une volonté croissante de contourner les cadres internationaux traditionnels.

Dans une escalade remarquée, Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane de 200 pour cent sur les importations françaises, en particulier le vin, si Paris refusait de rejoindre ce Conseil. Le président américain a utilisé la guerre commerciale comme moyen de pression politique direct, multipliant les déclarations ironiques à l’encontre du président français Emmanuel Macron, estimant que la fin prochaine de son mandat affaiblit sa position. Selon Trump, la France finira par rejoindre le Conseil, même si elle n’y est pas formellement contrainte.

De leur côté, des proches d’Emmanuel Macron ont indiqué à l’Agence France-Presse que Paris ne se sent pas tenue, à ce stade, de répondre favorablement à l’invitation américaine. Ils soulignent que l’initiative suscite de profondes réserves au sein des cercles décisionnels français, notamment en raison des interrogations qu’elle soulève quant au respect des principes et de la structure des Nations unies, jugés intangibles.

Selon la lecture française, ce « Conseil de la paix » illustre une fois de plus une politique internationale américaine fondée sur l’imposition du fait accompli et sur une forme de duopole mondial exercé avec la Chine, au détriment des institutions internationales existantes et du multilatéralisme.

Initialement présenté comme un mécanisme chargé de superviser la reconstruction de Gaza, le Conseil devrait, selon des fuites, se voir confier des missions plus larges liées à la gestion et au règlement des conflits armés dans le monde. Cette évolution alimente les craintes concernant l’avenir de l’ONU et sa capacité à rester la référence centrale en matière de paix et de sécurité internationales.

À ce jour, Washington a adressé des invitations à environ soixante pays, dont la Russie, le Royaume-Uni, l’Inde, la Turquie, l’Égypte et la Jordanie. La Chine a également confirmé avoir reçu une invitation, sans préciser sa position finale. En Europe, l’Italie et la Hongrie ont affiché leur ouverture, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán annonçant l’acceptation de cette invitation qu’il a qualifiée de prestigieuse.

La rédaction / LEMED24