Le journaliste Hichem Aboud a révélé des informations hautement controversées concernant le fils du chef d’état-major de l’armée algérienne, Saïd Chengriha. Une affaire qui met en lumière les contradictions flagrantes au sommet de la hiérarchie militaire, où le clientélisme se mêle à l’hypocrisie morale, et où la répression, initialement dirigée contre le peuple, s’étend jusqu’au cercle familial.

Des études fictives et un séjour confortable en France

Chafik Chengriha, fils du chef d’état-major, a été envoyé en France en 2020 sous prétexte de poursuivre des études universitaires. Toutefois, les informations disponibles confirment qu’il n’a suivi aucun véritable parcours académique. Après un court séjour à Lyon, il a été intégré de manière purement formelle dans un établissement d’enseignement, lui permettant d’obtenir un diplôme sans formation réelle. Un exemple flagrant de l’abus d’influence au sein de l’institution militaire.

Malgré un long séjour en France, Chafik n’a occupé aucun poste officiel, ce qui renforce l’hypothèse selon laquelle son éloignement de l’Algérie relevait d’une décision délibérée de son père, afin d’éviter un scandale au sein de l’armée.

Un secret connu dans l’armée

Les informations révélées indiquent que l’orientation sexuelle de Chafik Chengriha était connue dans certains cercles de l’armée algérienne, y compris au sein du cercle restreint du commandement militaire. Cette situation plaçait Saïd Chengriha dans un embarras permanent, notamment dans un système politique et militaire qui brandit des discours sur la morale et les traditions, tout en réprimant toute forme de différence.

La contradiction est d’autant plus frappante que le régime, qui criminalise la liberté d’expression et emprisonne journalistes et opposants, s’est montré incapable de contrôler la vie privée de son propre fils, choisissant la dissimulation plutôt que l’affrontement honnête.

Une tentative de mariage forcé pour clore le dossier

Dans une tentative de contenir le scandale, des sources indiquent que le chef d’état-major aurait proposé à son fils d’épouser une femme, dans le but de faire taire les rumeurs et de présenter une image trompeuse à l’opinion publique. Chafik a cependant rejeté cette option, s’accrochant à sa vie en France et à sa relation affective, ce qui a entraîné une escalade du conflit entre les deux parties.

Ce refus a fait échouer un plan visant à lui ouvrir la voie au sein de l’institution militaire à travers des promotions rapides et illégitimes, allant du grade de colonel à celui de général, selon un schéma classique de favoritisme militaire.

Une répression qui atteint la sphère familiale

L’aspect le plus grave de cette affaire, selon les révélations, réside dans le recours de Saïd Chengriha à la menace, non seulement contre le peuple algérien, mais aussi contre son propre fils, à travers des pressions administratives et juridiques, notamment en évoquant la question de la nationalité. Un comportement qui reflète une mentalité autoritaire ne reconnaissant ni les droits individuels ni l’État de droit.

La loi algérienne sur la nationalité ne permet pas le retrait de la nationalité pour des motifs liés à la vie privée. Toutefois, la simple menace révèle la nature d’un régime qui considère le pouvoir comme un contrôle absolu sur le destin des individus.

Un régime en décomposition morale

Cette affaire, avec toutes ses contradictions, dévoile le véritable visage du pouvoir militaire en Algérie. Un régime qui réprime la presse, confisque les libertés et prétend défendre les valeurs, tandis que ses propres enfants vivent en Europe et jouissent de libertés refusées aux Algériens dans leur propre pays.

L’affaire Chafik Chengriha n’est plus un simple différend familial. Elle est devenue le symbole de l’effondrement moral et politique du système militaire, incapable même de gérer ses crises internes. Comment pourrait-il alors diriger tout un État.

En conclusion, ce qui se passe au sein du foyer du chef d’état-major résume la nature d’un régime qui ne croit pas à la liberté, ni pour le peuple ni même pour ses plus proches. Un système qui continue de gouverner l’Algérie par la peur, la dissimulation, le mensonge et l’hypocrisie, en exerçant le pouvoir en dehors de toute logique de reddition des comptes.

La rédaction / LEMED24

Regardez la vidéo :
l’intervention du journaliste Hicham Abboud sur ce sujet.