Dans ses derniers jours à la tête du Venezuela, Nicolás Maduro donnait l’image d’un homme qui danse au bord du précipice. Il chantait sur les places publiques, souriait aux foules et répétait des slogans de paix, tout en sachant que son règne touchait à sa fin. Ces scènes n’avaient rien de spontané. Elles traduisaient une tentative désespérée de masquer l’effondrement imminent d’un pouvoir à bout de souffle.
La chute de Maduro n’est pas un simple événement interne au Venezuela. Elle constitue un séisme politique qui a mis à nu un réseau d’alliances fondé sur l’autoritarisme, reliant Caracas à Alger et au Front Polisario. Un axe bâti sur les slogans idéologiques, l’hostilité permanente à l’Occident et l’exploitation de causes instrumentalisées, bien plus que sur la gouvernance ou le respect des peuples.
Les liens entre le régime vénézuélien et le système algérien ne sont ni récents ni discrets. Les images des rencontres officielles et les déclarations communes autour de la question du Sahara ont révélé une convergence totale des discours. Il ne s’agissait pas de défendre un principe universel, mais de nourrir une logique politique qui favorise les réseaux parallèles, l’instabilité régionale et des intérêts opaques dans le Sahel et en Afrique du Nord.
Avec la première pression américaine sérieuse, cet édifice fragile s’est fissuré. Le langage de défi a laissé place aux lamentations. Des figures médiatiques arabes bien connues, comme Khadija Ben Ganna et Hafid Derradji, se sont empressées de défendre un dirigeant impliqué dans des affaires de trafic de drogue, de blanchiment d’argent et de violations massives des droits humains. Ce spectacle médiatique n’a rien de journalistique. Il traduit un alignement idéologique clair avec des régimes autoritaires qui redoutent d’être les prochains sur la liste.
Plus grave encore, ce vacarme médiatique a soigneusement évité l’essentiel. Aucun mot sur la souffrance du peuple vénézuélien, sur la répression, les prisons ou l’effondrement économique. Toute tentative de justice est présentée comme un complot, toute reddition de comptes comme une menace, comme si la loi internationale était un outil d’oppression et non un mécanisme de responsabilité.
Le message envoyé par la chute de Maduro a été parfaitement compris à Alger. Le régime algérien y voit le reflet troublant de son propre avenir. Les similitudes sont frappantes: économie fragilisée, discours souverainiste creux, isolement diplomatique et recours systématique à l’ennemi extérieur pour masquer l’échec interne. Plus la pression augmente, plus la rhétorique se radicalise, comme si l’excès de mots pouvait compenser l’absence de légitimité.
Les récentes prises de position américaines ne relèvent pas du simple rapport de force. Elles constituent un avertissement clair adressé à tous les régimes qui pensent que le temps joue en leur faveur. La justice internationale peut être lente, mais elle finit toujours par rattraper ceux qui ont bâti leur pouvoir sur la répression et la corruption.
La particularité de cette phase réside dans le fait que Maduro, malgré son lourd passif, bénéficiera d’un procès, du droit à la défense et de garanties juridiques. Une ironie amère quand on sait que ces droits sont systématiquement refusés aux citoyens ordinaires sous les régimes que ces mêmes voix médiatiques s’emploient à défendre.
En définitive, la chute de Maduro n’a pas provoqué la peur à Alger par solidarité idéologique, mais par effet miroir. Elle rappelle que chanter dans les rues, multiplier les slogans et criminaliser toute opposition ne suffit pas à prolonger indéfiniment un règne. L’histoire est formelle: les dictatures tombent rarement dans le silence, mais toujours dans le déni.
La rédaction / LEMED24



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