L’agence de presse internationale Associated Press a affirmé que la politique migratoire ouverte adoptée par le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez constitue l’un des principaux leviers du dynamisme économique de l’Espagne au sein de l’Union européenne, à l’heure où le discours anti-immigration se durcit sur le continent avec la montée de l’extrême droite.
Dans un récent rapport, l’agence souligne que Sánchez a choisi de défendre publiquement l’immigration légale, la considérant comme un moteur économique et social, à rebours des orientations prônées par l’administration de Donald Trump et par plusieurs dirigeants européens. Cette approche aurait permis à l’Espagne d’enregistrer la croissance la plus rapide de l’UE pour la deuxième année consécutive.
Selon Associated Press, cette performance est en partie liée à la contribution des immigrés au marché du travail espagnol, notamment dans un contexte marqué par le vieillissement de la population active. L’économie espagnole bénéficie ainsi d’un apport en main-d’œuvre qui limite les pénuries structurelles observées dans d’autres pays européens.
Pedro Sánchez a déclaré que l’Espagne devait choisir entre devenir un pays ouvert et prospère ou un pays fermé et appauvri, une position en nette contradiction avec les discours alarmistes sur l’immigration qui dominent en Europe et aux États-Unis.
Alors que des pays comme la France et l’Allemagne ont renforcé leurs législations migratoires en les liant aux enjeux sécuritaires et sociaux, Sánchez continue de défendre le rôle positif des immigrés dans la croissance économique espagnole, estimant que la prospérité actuelle du pays leur doit beaucoup.
Le rapport indique que l’Espagne a accueilli des millions de migrants ces dernières années, dont la majorité sont entrés par des voies légales, ce qui explique l’impact économique positif observé, contrairement aux narratifs véhiculés par les mouvements anti-immigration. Malgré la progression du parti d’extrême droite Vox, le débat politique espagnol n’a pas basculé entièrement vers le durcissement.
Associated Press souligne également que les Marocains arrivent en tête des communautés immigrées en Espagne, devant les ressortissants d’Amérique latine comme les Colombiens et les Vénézuéliens. Ils constituent l’une des plus importantes communautés étrangères du pays et sont fortement présents dans des secteurs clés de l’économie.
La banque centrale espagnole estime, par ailleurs, que le pays aura besoin de millions de travailleurs immigrés en âge de travailler dans les décennies à venir afin de maintenir l’équilibre entre actifs et retraités, renforçant ainsi l’argument selon lequel l’immigration fait partie de la solution économique.
Des chiffres du ministère espagnol de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations révèlent que les travailleurs marocains occupaient la première place parmi les affiliés étrangers à la Sécurité sociale en octobre dernier. Leur nombre s’élevait à 365 089 travailleurs, devant les Roumains avec 340 449 et les Colombiens avec 251 084.
Le ministère précise que les travailleurs marocains sont solidement implantés dans des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, le bâtiment, les services, le transport et l’industrie agroalimentaire, faisant d’eux un pilier essentiel de la dynamique économique dans plusieurs régions espagnoles.
Au total, plus de 3,1 millions de travailleurs étrangers étaient affiliés à la Sécurité sociale en Espagne en octobre, illustrant la forte demande de main-d’œuvre dans des secteurs confrontés à des pénuries structurelles.
Enfin, le ministère a alerté sur les défis liés au vieillissement de la société espagnole, indiquant que plus de quatre millions de personnes atteindront l’âge de la retraite au cours de la prochaine décennie, rendant indispensable une immigration organisée et durable, avec la main-d’œuvre marocaine en première ligne pour contribuer à combler ce déficit structurel.
La rédaction / LEMED24



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