La publication de nouveaux documents judiciaires américains liés à l’affaire du financier défunt Jeffrey Epstein a déclenché une vague de colère en France, après l’apparition du nom du président Emmanuel Macron dans des échanges laissant supposer des liens indirects avec Epstein, accusé d’avoir dirigé un vaste réseau international de traite d’êtres humains et d’exploitation sexuelle de mineurs.

Ces révélations surviennent après l’annonce du ministère américain de la Justice de la fin de la publication de millions de fichiers liés à l’affaire, ravivant ainsi le dossier Epstein à l’échelle internationale, notamment en raison de soupçons de contacts ou d’intérêts partagés avec des personnalités politiques de premier plan.

Dans ce contexte, Florian Philippot, président du parti “Les Patriotes”, a exprimé sa vive indignation face à l’absence d’ouverture d’une enquête officielle en France. Sur le réseau X, il a estimé que “la sécurité nationale est en jeu” si le chef de l’État, en tant qu’ancien ministre de l’Économie puis président, a entretenu des relations directes ou indirectes avec une figure impliquée dans des crimes graves.

Les documents publiés indiquent que le nom de Macron figure dans des messages attribués à Epstein, évoquant un “soutien potentiel pour promouvoir un agenda progressiste” à travers des relais politiques en France. Bien qu’aucune preuve directe d’un délit n’ait été avancée, ces allusions ont suffi à déclencher un vif débat médiatique et politique.

Parmi les pièces les plus controversées figure une lettre datée de mars 2016, adressée par l’homme d’affaires émirati Sultan Ahmed bin Sulayem à Epstein, dans laquelle il affirme avoir eu “une bonne conversation” avec Macron, alors ministre de l’Économie, au sujet de ses activités en France. Cette correspondance a relancé les interrogations sur l’ampleur du réseau relationnel d’Epstein et son influence dans les cercles du pouvoir.

Philippot a appelé à l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire indépendante, estimant que le silence des autorités constitue une menace pour la souveraineté nationale et demandant au Parlement de faire toute la lumière sur ces faits.

De son côté, le procureur général adjoint américain Todd Blanche a annoncé que la publication des dossiers était désormais achevée, après avoir dépassé les 3,5 millions de fichiers comprenant courriels, documents officiels, images et vidéos liés aux enquêtes sur les crimes de traite.

Rappelons que Jeffrey Epstein avait été inculpé en 2019 aux États-Unis pour trafic de mineurs à des fins d’exploitation sexuelle et conspiration, encourant une peine pouvant dépasser 40 ans de prison. Il a été retrouvé en juillet 2019 dans sa cellule dans un état critique, avant que sa mort ne soit officiellement qualifiée de suicide, bien que de nombreuses zones d’ombre subsistent.

Ces révélations placent aujourd’hui la présidence française face à une épreuve politique et médiatique majeure, alors que les appels à la transparence et à la responsabilité se multiplient sous la pression de l’opinion publique.

La rédaction / LEMED24