Hichem ABOUD 06/10/2026

La présidence de la République algérienne a annoncé, lundi, le décès de son directeur de cabinet, Boualem Boualem, survenu dans un hôpital de Genève, en Suisse, où il recevait des soins. Selon le communiqué de la présidence, l’homme était atteint d’une maladie incurable. Le texte ne fournit aucune autre précision, ni sur la nature de la maladie, ni sur les circonstances exactes du décès.

Né le 16 octobre 1952 à Aïn Sefra, Boualem Boualem était âgé de 74 ans. Ancien magistrat, il avait occupé plusieurs postes de premier plan sous le régime de Abdelaziz Bouteflika jusqu’en 2019. Il fut également sénateur du RND entre 2007 et 2012.

Un homme de confiance au cœur de l’appareil d’État

Réputé proche de Saïd Bouteflika, frère cadet du président défunt, Boualem Boualem prend en octobre 2015 la tête de l’Onplitic, une structure d’écoutes téléphoniques. Un poste éminemment stratégique, qui fera de lui, selon les observateurs, un homme qui « savait tout sur tout le monde ».

En 2020, avec l’arrivée au pouvoir du duo Tebboune-Chengriha, il est propulsé conseiller juridique de Abdelmadjid Tebboune. Il figure parmi ceux qui ont mis en place l’article 87 bis et l’arsenal juridique qui devait conduire des centaines d’Algériennes et d’Algériens en prison. Il gravit ensuite rapidement les échelons jusqu’au poste de directeur de cabinet, devenant un fidèle incontournable du chef de l’État, souvent présenté comme le « cerveau » de Tebboune.

Plusieurs semaines d’absence et de spéculations

L’absence de Boualem Boualem de plusieurs activités présidentielles avait commencé à susciter des interrogations bien avant l’annonce officielle de son décès. Sa dernière apparition publique connue remontait au 22 avril 2026, lors d’une activité officielle de la présidence.

Cette disparition prolongée des radars avait alimenté de nombreuses spéculations sur sa situation, certaines analyses l’inscrivant dans une lecture politique évoquant des rivalités entre différents cercles du pouvoir. La présidence n’avait, de son côté, annoncé aucune vacance du poste, alors que le fonctionnement du cabinet présidentiel s’était poursuivi normalement.

Brahim Merad, présence remarquée dans l’entourage du président

Plusieurs réunions ont en effet continué de se tenir avec la présence de Brahim Merad, ancien ministre de l’Intérieur et actuel ministre d’État chargé de l’inspection générale des services de l’État et des collectivités locales. Sa participation a été particulièrement remarquée lors des activités organisées au siège de la présidence : Merad figure notamment parmi les responsables présents aux côtés du président Abdelmadjid Tebboune lors de réunions tenues en 2026.