Wafia Tidjani, militante connue pour sa présence sociale et médiatique, est détenue depuis le 4 mars 2025, alors que son engagement n’a jamais dépassé le cadre de l’action civile et de la création de contenu mettant en valeur la richesse du tourisme local à Tizi Ouzou. Elle s’est également illustrée par ses initiatives solidaires et son soutien aux personnes vulnérables. Très attachée aux questions sociales et environnementales, Wafia a été l’une des voix féminines qui ont constamment soutenu les principes du Hirak pacifique et ses revendications pour un Etat fondé sur la dignité, la justice et les droits pour tous, tout en exprimant son soutien continu aux détenus d’opinion en Algérie.
Depuis le début du Hirak, Wafia a été confrontée à une série de poursuites et de pressions allant des convocations répétées aux mesures de contrôle judiciaire, jusqu’à la privation de sa liberté le 4 mars 2025 sur la base de l’article 87 bis. Ce n’était pas la première fois qu’elle faisait face à la justice, puisqu’elle avait déjà été placée sous contrôle judiciaire en août 2023 pour des accusations liées à un rassemblement pacifique, à l’outrage à un corps constitué et à la diffusion d’informations prétendument nuisibles à l’intérêt national.
L’affaire de Wafia Tidjani dépasse la dimension judiciaire. Elle illustre une forme de violence politique et judiciaire visant les femmes qui décident de s’impliquer dans les affaires publiques. Une femme qui élève la voix subit souvent une double répression, parce qu’elle s’oppose et parce qu’elle remet en cause les rôles traditionnels qui lui sont imposés. Cette violence se manifeste à travers les restrictions continues, des poursuites dépourvues de fondement juridique solide et des campagnes visant à réduire sa présence au silence.
Wafia, qui a fait le choix de l’action et de la défense de la dignité humaine, paie aujourd’hui un prix élevé pour avoir simplement exercé son droit à penser et à s’exprimer. Après des années de pressions, d’interrogations et de déplacements entre les tribunaux, elle se retrouve derrière les barreaux sans aucune preuve d’un acte criminel. Pas d’incitation, pas d’appel à la violence, pas de menace à l’ordre public. Ce qu’elle a exprimé relevait d’un engagement pacifique fondé sur la conviction que la liberté est un droit qui s’exerce.
La poursuite et l’emprisonnement de Wafia Tidjani dépassent sa situation personnelle et envoient un message inquiétant à chaque femme, à chaque militant et à chaque Algérien qui aspire à un pays respectueux des voix de ses citoyens. Il s’agit d’une affaire politique, juridique et féministe révélant le recul des libertés et la fragilité de la condition féminine lorsqu’elle devient actrice de la vie publique. Plus les voix s’élèvent pour revendiquer des droits, plus le prix de la vérité devient lourd.
Dans le cadre de la campagne Chouaa sous le slogan Libérez les voix de la liberté, nous réaffirmons que la place de Wafia n’est pas derrière les barreaux. Le devoir de l’Etat n’est pas de poursuivre les détenteurs d’opinion, mais de protéger leurs droits et de respecter leurs libertés fondamentales. Défendre Wafia, c’est défendre la femme, la liberté et la dignité de toute la société.



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