Les investissements émiratis en Algérie entrent dans une phase critique à la suite de l’escalade des tensions politiques entre les deux pays. Près de 10 milliards de dollars de projets stratégiques se retrouvent ainsi exposés à des risques majeurs susceptibles de redessiner la carte de l’influence économique dans le pays. Alors que les autorités algériennes cherchent à réduire la présence émiratie, les craintes d’un choc économique s’intensifient.

Ces investissements concernent des secteurs souverains clés, notamment les ports et la logistique, l’industrie de défense, l’immobilier et le tabac. Dans un contexte où l’économie algérienne dépend quasi exclusivement des revenus des hydrocarbures, toute décision de retrait ou de blocage serait lourde de conséquences.

Dans le secteur portuaire, DP World joue un rôle central dans la gestion et le développement du port d’Alger et du port de Djen Djen à Jijel, représentant une part significative du trafic de conteneurs et des revenus logistiques. Cette position dominante alimente les inquiétudes des autorités qui invoquent la nécessité de protéger la sécurité économique nationale.

Dans l’industrie de défense, les partenariats autour des véhicules blindés Nimr et Fox 2 constituent un pilier du développement industriel militaire. Un éventuel retrait émirati porterait un coup direct aux capacités de production locales.

Le secteur du tabac fait également face à des pressions juridiques croissantes, avec des instructions officielles visant à suspendre certains contrats, ouvrant la voie à d’éventuels contentieux internationaux.

L’ensemble de ces développements laisse présager une reconfiguration profonde des relations économiques entre Alger et Abou Dhabi en 2026, avec des répercussions potentielles sur la stabilité de secteurs stratégiques difficiles à remplacer.