Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, se rendra à Alger lundi et mardi, répondant à l’invitation de son homologue algérien, Saïd Sayoud. L’information a été confirmée jeudi 12 février par l’entourage du ministre à l’Agence France-Presse (AFP), dans un contexte marqué par de fortes tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie.
Cette visite intervient alors que la coopération sécuritaire et migratoire entre France et Algérie est à l’un de ses niveaux les plus bas depuis plusieurs années. Les relations bilatérales sont affectées par des désaccords persistants sur les expulsions de ressortissants algériens en situation irrégulière en France, ainsi que par plusieurs dossiers sensibles à forte portée politique et médiatique.

Selon des sources concordantes, Laurent Nuñez s’est entretenu jeudi après-midi par téléphone avec son homologue algérien afin de préparer les contours de cette visite officielle. Il y a quelques jours déjà, le ministre français avait indiqué publiquement avoir reçu une invitation d’Alger et son intention d’y répondre. Sur BFM-TV, il s’était félicité de la reprise des échanges sécuritaires entre les deux pays, tout en reconnaissant la fragilité du dialogue en cours.
Au cœur des discussions prévues à Alger figurent plusieurs dossiers majeurs : la coopération antiterroriste, la lutte contre le narcotrafic et surtout la question sensible des réadmissions de ressortissants algériens. Paris attend de longue date une réponse concrète d’Alger concernant le retour de ses ressortissants en situation irrégulière, un point de friction récurrent dans les relations bilatérales.

Autre sujet délicat inscrit à l’agenda : le cas de Christophe Gleizes, journaliste sportif français arrêté en mai 2024 en Algérie alors qu’il travaillait sur un article consacré à la JS Kabylie, le club de football le plus titré du pays. Sa détention suscite une vive préoccupation à Paris et alimente les critiques sur l’état des libertés et de la coopération judiciaire entre les deux États.
Cette visite de Laurent Nuñez à Alger apparaît ainsi comme une tentative de relance pragmatique du dialogue sécuritaire, dans un climat de méfiance persistante. Reste à savoir si elle permettra de dépasser les blocages actuels ou si elle se limitera à un exercice diplomatique de gestion de crise, sans avancées concrètes sur les dossiers les plus sensibles.