Mostafa Kira, l’un des militants politiques les plus marquants en Algérie, est détenu depuis le 23 avril 2021 après des années de pressions et de poursuites qui ont accompagné son engagement. Connu pour son implication précoce dans l’action politique et la défense des droits et des libertés, il a longtemps fait l’objet de harcèlements sécuritaires en raison de ses positions critiques envers le pouvoir. Aujourd’hui, il est poursuivi dans vingt affaires distinctes, un chiffre qui illustre l’ampleur des poursuites dirigées contre lui.

Depuis le début du Hirak en 2019, Kira est devenu une cible directe pour les autorités judiciaires et sécuritaires. Le 23 avril 2021, il est arrêté de nouveau et transféré à Oran pour être interrogé, où il aurait subi de fortes pressions, de mauvais traitements et un harcèlement psychologique qualifié de torture morale.

Les accusations qui lui sont adressées reposent sur l’article 87 bis du Code pénal et comprennent des charges particulièrement lourdes, telles que la conspiration contre la sécurité de l’Etat en vue d’inciter les citoyens contre les institutions, l’atteinte à l’unité du territoire national, l’appartenance à une organisation subversive opérant à l’intérieur et à l’extérieur du pays, ainsi que la publication de contenus considérés comme nuisibles à l’intérêt national. Il est en outre impliqué dans une nouvelle affaire pouvant, selon la loi algérienne, entraîner la peine de mort, bien que son activité soit entièrement pacifique et fondée sur l’expression politique et l’engagement citoyen.

L’affaire de Mostafa Kira illustre clairement l’usage étendu de l’article 87 bis pour cibler des militants et opposants en raison de leurs activités pacifiques. L’expression d’opinions ou l’appel à des réformes est traité comme une menace pour la sécurité plutôt que comme une contribution légitime au débat national. Ces poursuites témoignent d’un recours croissant à des accusations à caractère politique pour restreindre l’espace public et empêcher l’émergence d’une véritable pluralité d’opinions.

Dans le cadre de la campagne Chouaa sous le slogan Libérez les voix de la liberté, nous rappelons que l’expression pacifique et l’engagement politique ou civil ne constituent aucunement un crime, et que la protection des militants est essentielle pour préserver un espace public libre où les droits civils et politiques sont garantis.

Défendre Mostafa Kira revient à défendre le droit à la participation politique et à protéger une voix citoyenne qui ne devrait jamais être emprisonnée pour avoir réclamé des réformes pacifiques et la dignité humaine.