Paris – 6 novembre 2026

L’opposant algérien Hichem Aboud a été entendu vendredi par un juge d’instruction antiterroriste à Paris, dans le cadre de l’information judiciaire portant sur une tentative de meurtre dont il a été la cible en février 2025 à Roubaix, a constaté une journaliste de l’Agence France-Presse (AFP).

Ancien officier des services secrets algériens et journaliste critique du pouvoir, Hichem Aboud est installé en France depuis les années 1990, où il bénéficie d’un titre de séjour.

Il avait effectué un bref retour en Algérie en 2011, profitant d’une période d’accalmie politique durant laquelle il avait créé deux journaux, finalement suspendus en 2013. Menacé de poursuites judiciaires, il avait ensuite regagné la France.

Pour Hichem Aboud, la tentative de meurtre dont il a été la cible à Roubaix est imputable au pouvoir algérien.

« S’il y a quelqu’un qui peut m’indiquer une piste autre que le régime algérien, qu’il vienne me convaincre », a-t-il déclaré à l’AFP à l’issue de son audition.

« Je n’ai pas d’autre ennemi que le régime algérien et ses relais. Même les mis en cause du dossier reconnaissent ne pas me connaître. Ils ne savent pas pourquoi ils ont fait ça », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de cette instruction, trois jeunes sont poursuivis pour tentative de meurtre en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste. Un quatrième individu est poursuivi pour complicité de cette tentative de meurtre et association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste criminelle, avait indiqué en mai une source judiciaire à l’AFP, confirmant des informations provenant de sources proches du dossier.

Selon l’une de ces sources, les enquêteurs auraient découvert l’existence d’un « contrat sur la tête » de Hichem Aboud au cours d’investigations portant sur le braquage d’un musée en novembre 2024, près de Lyon.

L’analyse de la messagerie cryptée Signal aurait ensuite permis d’identifier une équipe d’exécutants présumés, parmi lesquels figurait celui qui devait ouvrir le feu contre l’opposant algérien, en échange de 10 000 euros.

En février 2025, cette équipe s’était rendue à Roubaix avec pour consigne de tuer et une adresse précise. Le projet aurait finalement échoué en raison de l’absence de Hichem Aboud sur les lieux, selon des sources proches du dossier.

L’opposant algérien avait également porté plainte avec constitution de partie civile pour « tentative d’assassinat » à Liège, en Belgique, en 2021.

« Le juge antiterroriste m’a confirmé qu’il était chargé de ce dossier », s’est-il félicité auprès de l’AFP vendredi.

Des dossiers sensibles entre Alger et Paris

Cette affaire s’inscrit dans un contexte marqué par plusieurs dossiers particulièrement sensibles impliquant les relations entre Alger et Paris.

Parmi eux figure celui de Christophe Gleizes, journaliste sportif français incarcéré depuis juin 2025 après sa condamnation pour « apologie du terrorisme ».

Un autre dossier concerne l’opposant algérien Amir Boukhors, connu sous le pseudonyme de « Amir DZ », enlevé le 29 avril 2024 en région parisienne avant d’être relâché le 1er mai.

Comme Hichem Aboud, Amir DZ fait l’objet depuis mars 2022 d’un mandat d’arrêt émis par l’Algérie, qui l’accuse d’appartenir à un groupe terroriste.

Source : Agence France-Presse (AFP) – 6 novembre 2026. Adaptation et organisation éditoriale du texte original, sans ajout d’informations extérieures.