Le régime algérien semble s’apprêter à ajouter une nouvelle crise diplomatique à un bilan déjà lourd d’échecs, avec l’annonce imminente d’une rupture officielle des relations avec les Émirats arabes unis. Une décision préparée dans les cercles du palais d’El Mouradia, avec l’implication directe des généraux et des services de renseignement, dans une démarche qui ne peut être qualifiée que d’aventure aux conséquences graves et mal calculées pour l’Algérie.
Cette orientation hostile ne repose sur aucune provocation émiratie directe. Abou Dhabi n’a ni insulté l’Algérie, ni interféré dans ses affaires internes, ni adopté de position agressive à son égard. Le seul « tort » des Émirats est d’exercer pleinement leur souveraineté en nouant des alliances régionales, notamment leur partenariat stratégique avec le Maroc, ce qui semble suffire au régime algérien pour transformer un État du Golfe influent en ennemi déclaré.
Le caractère dangereux de cette décision réside dans le fait qu’elle ne traduit pas seulement une logique de représailles étroite, mais confirme une fois de plus que le régime ne tient aucun compte de l’intérêt des Algériens, qu’ils vivent à l’intérieur du pays ou à l’étranger. Des milliers d’Algériens résidant aux Émirats risquent d’être les premières victimes de cette rupture, sans la moindre considération pour leur situation professionnelle ou sociale.
Sur le plan politique et diplomatique, une rupture avec les Émirats approfondirait l’isolement de l’Algérie dans son environnement arabe. Les Émirats ne sont pas un acteur marginal, mais une puissance régionale disposant d’un vaste réseau d’alliances dans le Golfe, en Afrique du Nord et au-delà. Perdre ce partenaire signifie également perdre des canaux d’influence indirects, affaiblir davantage la coopération arabe et compliquer toute tentative de consensus sur des dossiers régionaux sensibles.
Économiquement, la décision apparaît encore plus absurde. Les Émirats figurent parmi les pays les plus attractifs pour les investissements dans la région, tandis que la majorité des États, y compris ceux en crise profonde, cherchent à attirer les capitaux émiratis. L’Algérie, elle, choisit de chasser un partenaire au lieu de le séduire. Des investissements émiratis existants dans des secteurs stratégiques pourraient être gelés ou donner lieu à des contentieux juridiques internationaux, à un moment où l’économie algérienne manque cruellement d’alternatives crédibles.
Plus inquiétant encore, des entreprises liées aux Émirats, notamment dans le secteur portuaire, jouent un rôle clé dans la gestion de certaines infrastructures en Algérie. Une rupture soulève une question alarmante: le régime confiera-t-il ces ports à une administration publique inefficace et gangrenée par la bureaucratie? Qui garantira alors la fluidité des échanges, l’approvisionnement en biens essentiels et la sécurité des chaînes logistiques dans un pays largement dépendant de ses ports?
Sur le plan géopolitique, cette décision sert davantage les adversaires de l’Algérie que ses intérêts propres. La rupture libérerait les Émirats de toute contrainte diplomatique vis-à-vis d’Alger et pourrait les inciter à renforcer leur soutien qualitatif au Maroc, qu’il soit économique, technologique ou militaire. Le secteur énergétique ne sera pas épargné, dans un contexte de concurrence accrue autour de projets visant à réduire l’influence algérienne sur le marché du gaz.
Ce choix intervient dans un contexte international particulièrement instable, marqué par l’effondrement rapide de régimes que l’on croyait solides, parfois sans intervention militaire directe. Au lieu de chercher à réduire les pressions et à reconstruire des ponts, le régime algérien persiste à brûler les rares relations qui lui restent, comme si l’isolement était devenu une stratégie assumée.
Selon les informations disponibles, la décision est déjà actée et aucune marche arrière n’est envisagée. Elle illustre la mentalité d’un pouvoir qui confond dignité nationale et entêtement aveugle, souveraineté et isolement, et qui croit envoyer un message de force en rompant des relations, alors qu’il ne fait qu’exposer une nouvelle fois la fragilité du système, au détriment de tout un pays.
La rédaction / LEMED24



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