Les prix du pétrole ont enregistré une forte hausse vendredi, atteignant leur niveau le plus élevé depuis près de deux ans, dans un contexte de tensions sécuritaires croissantes au Moyen-Orient et après une attaque contre des installations pétrolières dans la région du Kurdistan irakien, tandis que le trafic maritime reste suspendu dans le détroit stratégique d’Ormuz.
Cette hausse intervient après l’annonce par les autorités du Kurdistan irakien de l’arrêt de la production dans un champ pétrolier exploité par une compagnie américaine, à la suite d’une attaque qualifiée de « terroriste », ce qui a ravivé les inquiétudes concernant la stabilité des approvisionnements énergétiques sur les marchés mondiaux.
Selon une source sécuritaire citée par l’Agence France-Presse, deux drones ont ciblé jeudi soir un champ pétrolier appartenant à la société « HKN Energy », situé dans la zone de Sarsink, dans la province de Dohuk, au nord de l’Irak. L’attaque a conduit à la suspension temporaire de la production dans le champ, dans une mesure préventive visant à évaluer les dégâts et à garantir la sécurité du personnel et des installations.
Ce développement intervient alors que les tensions persistent dans la région du Golfe, où le trafic maritime demeure paralysé dans le détroit d’Ormuz, l’un des passages stratégiques les plus importants pour le transport du pétrole dans le monde. Environ 20 pour cent de la production pétrolière mondiale transite par ce détroit, ce qui signifie que toute perturbation affecte directement les marchés et provoque une hausse des prix.
Dans ce contexte, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a atteint 88,86 dollars, en hausse de 4,04 pour cent vers 12h25 GMT. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis avril 2024, ce qui reflète l’intensification des inquiétudes quant à la stabilité des approvisionnements mondiaux.
De son côté, le baril de West Texas Intermediate pour livraison en avril a également progressé pour atteindre 85,48 dollars, enregistrant une hausse de 5,52 pour cent, portée par les tensions géopolitiques et les risques croissants liés à l’approvisionnement pétrolier dans la région.
Cette hausse des prix intervient alors que le Moyen-Orient connaît une escalade militaire depuis le début de la guerre récente, plusieurs installations pétrolières ayant été visées par des attaques au cours des dernières semaines. Cette situation alimente l’inquiétude des investisseurs et des acteurs des marchés de l’énergie, qui surveillent de près toute évolution susceptible d’affecter les flux pétroliers mondiaux.
Les experts des marchés de l’énergie estiment que la poursuite du blocage du détroit d’Ormuz, combinée aux attaques contre certaines infrastructures pétrolières, pourrait pousser les prix à des niveaux encore plus élevés dans les prochaines semaines, surtout si les tensions sécuritaires se prolongent ou s’étendent.
Les marchés pétroliers restent particulièrement sensibles à toute évolution au Moyen-Orient, compte tenu du rôle central de la région dans l’approvisionnement énergétique mondial. Toute instabilité sécuritaire ou militaire se répercute ainsi directement sur les prix à l’échelle internationale.



Comments
0No comments yet.